La pandémie semble un lointain souvenir pour le secteur touristique et hôtelier africain. Selon plusieurs spécialistes, on est même revenu aux prévisions de l’année 2019, avec un retour de la croissance amorcé en 2021. Si les compagnies aériennes ont retrouvé des couleurs sur le plan international, les entreprises hôtelières surfent aussi sur cette vague à l’instar du groupe Azalaï et de son patron emblématique, Mossadeck Bally.
Selon l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), dès 2021, les compagnies aériennes africaines avaient retrouvé des couleurs. En 2019 : 95,6 millions de passagers avaient emprunté les compagnies aériennes africaines. L’an dernier, ce sont 55,2 millions de personnes qui ont embarqué dans les compagnies aériennes continentales contre 34,7 durant l’année de la pandémie. Une tendance qui poursuit sa hausse cette année. Une observation largement partagée par les compagnies comme Air Sénégal ou Air Côte d’Ivoire qui tendent à élargir leur réseau, mais aussi d’autres comme Emirates pour qui l’Afrique représente 8% du chiffre d’affaires.
Du côté des hôteliers, le son de cloche est également positif. D’autant que certains sont spécialisés dans les rebonds, à l’instar de Mossadeck Bally, un habitué des traversées de tempêtes. « Tous les salariés qui sont dans le groupe pour une durée indéterminée ont été maintenus. Ils ont en revanche consenti à une légère réduction de leur salaire. Je leur en suis très reconnaissant bien que nous soyons passés de 1.000 collaborateurs à 600. Nous avons mis fin ou non renouvelé près de 400 contrats et prestations », indique ce fils de commerçant malien qui avait pour mentor son père disparu il y a maintenant plus d’une dizaine d’années. Tous ces engagements, indique-t-il, n’ont qu’un seul objectif : donner le sourire à tous ces interlocuteurs qui travaillent avec lui. « L’argent est important, mais le sourire des gens m’importe davantage », aime-t-il répéter à l’ensemble de ses collaborateurs. C’est un marqueur fort pour celui qui porte sa vision de prospérité sociale comme un étendard.
La croissance : ce sont les nouvelles idées
Le géant hôtelier panafricain a deux mots d’ordre. Le premier concerne la responsabilité sociale. « J’ai clairement indiqué aux responsables de chaque hôtel de recevoir ou s’entretenir avec les porteurs de projets qui permettent à notre industrie de créer de la valeur ajoutée », indique-t-il au sein de l’entreprise. Une observation qui est également partagée par une entrepreneure ivoirienne spécialisée dans la production de jus et qui ambitionne de les faire découvrir au sein du groupe.
Pour autant, pénétrer l’antre d’Azalaï n’est pas simple tant cela peut impressionner les jeunes entrepreneurs. Pour faire face à ce défi qui peut pénaliser le groupe, Azalaï cherche tout simplement des stratégies pour que le groupe vienne à eux et casser les barrières. C’est dans cet esprit l’an dernier que le groupe avait pensé à la mise en place d’un hackaton qui n’a pas encore été organisé. « Nous devons inventer l’industrie hôtelière panafricaine du futur. C’est pourquoi nous recherchons l’innovation à tous les étages. Il nous faut élever la gamme de services », indique-t-on au sein du groupe qui souhaiterait mettre en place ce projet avec Jokkolabs.
Mais en ces temps troublés, dessiner les perspectives du futur n’empêche pas de s’adapter aux réalités de notre époque. Comme lorsqu’il a fallu obtenir les certifications de Bureau Véritas dans le cadre d’un vaste plan de lutte contre la propagation de la pandémie. Tous les hôtels ont ainsi été certifiés. L’objectif étant de rassurer les clients. Et il faut dire que l’enjeu en a largement valu la chandelle puisque le chiffre d’affaires du groupe situé généralement autour de 30 millions d’euros a retrouvé des couleurs après une année 2020 morose. Mais comme à chaque fois, après la pluie vient le beau temps. D’autres attendent passivement que survienne le beau temps, pendant que certains font le choix de s’activer – allant presque jusqu’à provoquer l’apparition des rayons de soleil jusqu’à en tirer profit. La preuve devrait en être faite encore cette année avec l’inauguration du complexe de Dakar et celui de Ouagadougou, ce qui ajoutera 430 chambres supplémentaires sur le marché. A ce rythme-là, le soleil devrait durer un bon moment au-dessus de la tête de Mossadeck Bally et de ses collaborateurs.



