Le Nigeria, qui entend renforcer sa place de l’économie la plus performante du continent, accentue la diversification des sources d’approvisionnement et de livraison en mettant à profit sa proximité géographique avec la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) pour étendre les débouchés et capter de nouveaux marchés. L’inauguration le 16 janvier 2023 dans l’Etat d’Akwa Ibom d’un pont d’une longueur de 1,15 km pour accroître l’activité économique avec le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale s’inscrit dans ce sillage.
Cette infrastructure routière devrait notamment favoriser les relations commerciales et économiques entre le Nigeria et les pays de l’Afrique centrale d’autant que la route limite des difficultés de déplacement par rapport à la voie maritime qui constituait jusque-là, le principal mode de transport des marchandises. L’ouverture de cette voie terrestre pourrait améliorer de 100% les échanges commerciaux entre les deux parties. Le Cameroun qui partage une longue frontière de plus de 1500 Km avait la facilité de commercer avec le géant voisin.
Des potentialités que les pays de la sous-région devraient exploiter, d’où la proposition du Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM) de « la nécessité d’avoir un Accord de partenariat économique (APE) avec le Nigeria » pour briser des barrières douanières et améliorer des échanges formels. Dans un contexte économique concurrentiel doublé d’une conjoncture difficile, en plus d’une population estimée à plus de 150 millions d’habitants, le Nigeria veut miser sur plus de 50 millions de consommateurs de l’espace CEMAC pour consolider son leadership économique en Afrique.
A en croire des analystes, l’environnement international avec des effets néfastes qui impactent sérieusement sur les économies africaines suggèrent d’étendre et de renforcer des initiatives au niveau régional et continental. C’est dire si l’implémentation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) constitue une opportunité pour les pays africains qui pèsent à peine 2% du commerce mondial. Un démantèlement des barrières qui devrait en outre améliorer les échanges intra-africains qui se situent autour de 16% avec de fortes disparités d’une région à une autre.



