Le ministre kényan des Transports, Davis Chirchir, a annoncé lundi 11 août l’émission en septembre d’une obligation titrisée de 175,75 milliards de shillings kényans (1,36 milliard USD) sur les marchés local et international. Ce produit sera principalement destiné à la construction de routes, mais servira également pour financer l’extension de l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA) de Nairobi, évaluée à 2 milliards USD.
L’obligation sera adossée à une partie de la taxe sur les carburants perçue auprès des automobilistes. Selon les autorités kényanes, la titrisation permettra de transformer ces flux de revenus futurs en titres négociables, remboursés directement par les recettes générées plutôt que par les impôts, évitant ainsi d’alourdir la dette souveraine déjà élevée du pays.
Pour l’expansion de JKIA, l’État entend utiliser les revenus existants de l’aéroport (redevances passagers, redevances d’atterrissage, concessions commerciales) comme garantie pour lever des fonds auprès de prêteurs internationaux.
Selon le ministre Davis Chirchir, le gouvernement a adressé des correspondances aux agences de développement afin de leur présenter « l’opportunité de financer la construction par le biais même de l’aéroport international Jomo Kenyatta, en s’appuyant sur son propre bilan ».
« L’Agence japonaise de coopération internationale, China Exim, KFW, la Banque européenne d’investissement et la Banque africaine de développement ont été contactées », a indiqué le ministre Chirchir.
Ce projet marque une rupture avec l’accord initial qui aurait vu le groupe Adani financer l’agrandissement de l’aéroport en échange d’un bail d’exploitation de 30 ans. Ce partenariat avait été abandonné fin 2024, à la suite de l’inculpation aux États-Unis du fondateur Gautam Adani et de plusieurs dirigeants, accusés de corruption et de fraude financière, des accusations rejetées par le conglomérat indien.
Une fois le financement sécurisé, le gouvernement kényan lancera l’appel d’offres pour sélectionner l’entreprise chargée de construire la deuxième piste d’atterrissage et le nouveau terminal, apprend-on.



