Le Ghana franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son agriculture. Le gouvernement a en effet signé, avec l’Italie, un accord de financement de 154 millions d’euros destiné à soutenir la résilience agricole et climatique, dans le cadre d’un vaste programme d’aménagement et de valorisation durable des terres.
L’accord, conclu en marge de la 8ᵉ édition de la Foire Agrilevante tenue du 9-12 octobre 2025 à Bari (Italie), s’inscrit dans la mise en œuvre du programme Strengthening Agri-Food Ecosystems in Ghana. Ce dispositif, étalé sur trois ans, ambitionne de transformer la chaîne de valeur agricole, d’améliorer la sécurité alimentaire et de renforcer la résistance du système productif face aux aléas climatiques, particulièrement dans la région de la Volta, à l’est du pays.
Le programme prévoit l’aménagement de 10.000 hectares de terres agricoles en ferme modèle pour la production de maïs, riz, tomates et soja. Dotée d’un système d’irrigation continue, cette exploitation servira de vitrine technologique pour la production durable, tout en assurant un approvisionnement régulier du marché intérieur.
Des perspectives claires pour les investisseurs
Un partenariat scientifique est également prévu avec plusieurs institutions de recherche, dont le Centre international pour les études agronomiques avancées en Méditerranée (CIHEAM), le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle (CSIR) et le Centre ouest-africain pour l’amélioration des cultures (WACCI). Ces structures travailleront sur l’analyse des sols, la sélection variétale et la mise en place d’une banque nationale de semences.
Avec seulement 3 % des terres cultivées équipées pour l’irrigation en 2022, selon la FAO, le Ghana entend combler un retard historique. Le gouvernement vise 1 million d’hectares sous irrigation solaire d’ici 2028, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités d’investissement dans les technologies d’irrigation, les énergies renouvelables et la mécanisation agricole.
Un modèle régional en devenir
Les pertes agricoles causées par les épisodes de sécheresse de 2023 et 2024, estimées à 1,3 milliard USD, ont mis en évidence l’urgence d’une transformation structurelle du secteur. En soutenant ce projet, l’Italie s’impose comme un partenaire clé d’une agriculture africaine bas carbone et compétitive, tout en créant un cadre attractif pour le secteur privé — entreprises agro-industrielles, investisseurs d’impact et fonds verts.
Le Ghana ambitionne de faire de cette initiative un modèle régional de coopération agricole et climatique, combinant innovation, durabilité et création de valeur locale. Ce projet s’inscrit pleinement dans les priorités africaines de sécurité alimentaire et de transition énergétique, offrant un terrain fertile pour une nouvelle génération d’investissements verts à fort impact.



