Le Cameroun tente de redonner souffle à l’un de ses projets d’infrastructures routières. Un décret signé le 18 novembre 2025 par le président Paul Biya autorise la mobilisation de 235,5 millions d’euros auprès de MUFG Bank Londres — un crédit-acheteur de 207,9 M€ et un crédit commercial de 27,6 M€ — destinés à relancer les travaux du lot n°1 de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen.
Après plus d’une décennie de retards, cette nouvelle enveloppe vise à accélérer la construction de la section urbaine de 12,3 km, reliant l’échangeur Ahala au centre-ville de Yaoundé. Ce tronçon, essentiel pour fluidifier l’accès à l’aéroport international, a vu son coût réévalué à 434 milliards FCFA, contre 380 milliards FCFA initialement, en raison de contraintes foncières, d’aménagements urbains complexes et d’ajustements techniques.
Le projet se déploie en trois segments confiés à deux entreprises : Buns, en charge des 6,2 premiers kilomètres, et Razel, attributaire des deux autres lots. À ce jour, seule la section « rase campagne », connectant l’aéroport de Nsimalen et inaugurée en janvier 2022 après sept ans de travaux, est pleinement opérationnelle — une avancée limitée pour un chantier lancé en 2014.
Pour les décideurs publics, bailleurs et investisseurs, cet emprunt marque une étape décisive : il vise à sécuriser un axe stratégique pour l’attractivité de la capitale, soutenir la mobilité urbaine, et renforcer la compétitivité économique du Cameroun. La réussite de cette phase conditionnera la crédibilité des futures mobilisations financières et la confiance des partenaires internationaux dans l’exécution des grands projets d’infrastructures du pays.



