La République démocratique du Congo (RDC) accuse la firme américaine Apple, constructeur de l’Iphone et des ordinateurs Mac, d’utiliser des ressources provenant de mines congolaises « exploitées illégalement ». Des avocats ont été mandatés à cet effet pour rédiger une mise en demeure, sommation avant le déclenchement d’une procédure judiciaire.
Selon ces avocats – qui ont adressé un courrier aux deux filiales françaises du groupe et à la maison-mère américaine –, le géant de la tech aurait utilisé « dans ses produits des minerais stratégiques achetés au Rwanda ». Ces minerais, indiquent leurs dossiers consultés par l’AFP, proviennent de la RDC avant d’être envoyés dans le pays voisin pour être blanchis.
« Le Rwanda est un acteur central de l’exploitation illégale de minerais et notamment de l’exploitation de l’étain et du tantale en RDC. (…) Après leur extraction illégale, ces minerais sont importés par contrebande au Rwanda, où ils sont intégrés dans les chaînes d’approvisionnement mondiales », affirme la mise en demeure. « Ces minerais litigieux proviendraient en grande partie de mines congolaises au sein desquelles de nombreux droits humains sont violés », d’après la même source.
Des sites souvent contrôlés par des groupes armés
La RDC, premier producteur mondial de cobalt et le premier producteur africain de cuivre, accuse régulièrement le Rwanda de vouloir faire main basse sur ses ressources, minières notamment, dans l’Est du pays. Une des raisons pour lesquelles, d’après Kinshasa, Kigali soutient la rébellion du M23, à l’offensive depuis plus de deux ans dans la province du Nord-Kivu. Des accusations que le pays voisin a toujours rejetées.
Selon un rapport de l’ONG The Enough Project publié en 2015, des sites miniers du pays « apparaissent souvent contrôlés par des groupes armés qui contraignent, par la violence et la terreur, des civils à y travailler et à transporter ces minerais. Des enfants sont également forcés à travailler dans ces mines ».


