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La Namibie, corridor logistique régional, recherche environ 460 millions de dollars pour son réseau routier

La Namibie doit mobiliser plus de 8,5 milliards de dollars namibiens, soit près de 460 millions de dollars américains, pour combler le déficit de financement nécessaire à la réhabilitation et à l’entretien de son réseau routier. Cet appel, lancé par l’Administration du Fonds routier (RFA) dans le cadre de son plan d’affaires 2026/2027–2030/2031, s’inscrit dans…

Une vue Katutura, l’un des quartiers de Windhoek, capitale de la Namibie. Illustration © DR

La Namibie doit mobiliser plus de 8,5 milliards de dollars namibiens, soit près de 460 millions de dollars américains, pour combler le déficit de financement nécessaire à la réhabilitation et à l’entretien de son réseau routier. Cet appel, lancé par l’Administration du Fonds routier (RFA) dans le cadre de son plan d’affaires 2026/2027–2030/2031, s’inscrit dans une stratégie nationale de modernisation des infrastructures de transport et de résilience face aux chocs climatiques.

La Namibie figure, en effet, parmi les pays africains disposant des routes les mieux entretenues le pays fait face à une dégradation progressive de ses infrastructures, accentuée par un financement insuffisant. Les recettes actuelles du RFA, estimées à un peu plus de 4 milliards de dollars namibiens par an, ne couvrent que la moitié des besoins réels. Or, près de 63 % de ces revenus proviennent des taxes sur les carburants, une source de financement de plus en plus incertaine à l’heure de la transition énergétique mondiale.

« Nous devons agir dès maintenant. Tout retard coûtera plus cher, non seulement en entretien, mais aussi en exploitation », a déclaré Aili Ipinge, directrice générale du RFA, en marge des consultations avec les parties prenantes.

Selon Elton Gaoseb, le directeur exécutif, le déficit de financement, estimé entre 4,2 et 8,5 milliards de dollars namibiens, met en péril la durabilité du réseau routier national. Les pressions budgétaires liées à la hausse des coûts de construction et à la baisse des revenus pétroliers exacerbent cette situation.

Pour y remédier, le gouvernement et le RFA envisagent une diversification des sources de financement, notamment à travers : le développement de partenariats public-privé (PPP), la révision du régime fiscal routier, et le recours à des fonds climatiques internationaux tels que le Fonds vert pour le climat (GCF) ou la Banque africaine de développement (BAD).

Ces mécanismes permettraient d’accélérer la réhabilitation du réseau routier tout en garantissant sa durabilité environnementale. Le plan d’affaires du RFA recommande d’ailleurs une stratégie mixte alliant appels d’offres concurrentiels et interventions gouvernementales ciblées, afin d’assurer la transparence et l’efficacité de la dépense publique.

L’état du réseau routier namibien est crucial pour la compétitivité régionale du pays. En effet, la Namibie constitue un corridor logistique reliant les ports de Walvis Bay et Lüderitz aux marchés d’Afrique australe, notamment la Zambie, le Botswana et la RDC. Un retard dans la réhabilitation des routes pourrait donc impacter les échanges commerciaux et renchérir les coûts de transport dans toute la région.

Ce nouvel appel à financement s’inscrit dans la continuité des engagements pris l’année dernière par le gouvernement namibien, lors du lancement de son programme national de rénovation et d’entretien des routes régionales. Ce plan visait déjà à connecter les zones rurales enclavées et à stimuler les corridors économiques, mais son exécution reste ralentie par un manque de ressources.

Alors que les infrastructures demeurent le socle de la transformation économique, la Namibie entend prouver qu’elle reste fidèle à sa vision : investir dans la durabilité, la connectivité et la compétitivité pour consolider sa place dans la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).

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