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La crise au Moyen-Orient : La Bourse de Casablanca dans le rouge… 

La Bourse de Casablanca a connu une séquence de turbulence inédite depuis l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, marquée par une forte implication militaire des États-Unis, d’Israël et de l’Iran. Ces développements, bien que lointains, ont déclenché une onde de choc sur les marchés financiers mondiaux, y compris au Maroc.   Sur les deux premières séances…

La Bourse de Casablanca a connu une séquence de turbulence inédite depuis l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, marquée par une forte implication militaire des États-Unis, d’Israël et de l’Iran. Ces développements, bien que lointains, ont déclenché une onde de choc sur les marchés financiers mondiaux, y compris au Maroc.  

Sur les deux premières séances de mars 2026, l’indice MASI a subi des replis sévères, effaçant plusieurs mois de gains et révélant une sensibilité accrue du marché casablancais aux facteurs externes. Le 2 mars, le MASI avait perdu plus de 4 % en une seule séance, avec la capitalisation globale repassant sous le seuil symbolique de 1 000 milliards de dirhams, signe que la nervosité des investisseurs se traduisait immédiatement en pression vendeuse.  Le lendemain, la correction s’est accélérée : le MASI a plongé de 5,63 %, ramenant l’indice général autour de 16 400 points, soit une contre-performance cumulée de près de 10 % en deux jours et une perte annuelle dépassant les 12 %. Ce mouvement a été accompagné d’un volume d’échanges soutenu — un indicateur d’une panique vendeuse généralisée, où les investisseurs préfèrent liquider leurs positions plutôt que de s’exposer à une incertitude prolongée.  Dans les détails, parmi les valeurs les plus actives, Attijariwafa Bank a reculé de plus de 4 %, tandis que Marsa Maroc, SGTM et TGCC ont enregistré des baisses marquées. Seules quelques rares actions ont fini en hausse, mais ces performances isolées n’ont pas suffi à enrayer le mouvement global de repli.   L’un des aspects les plus frappants de cette crise sur la place financière casablancaise est l’absence de lien direct entre les entreprises marocaines cotées et le conflit lui-même. Il ne s’agit pas d’une crise sectorielle interne ou d’une défaillance d’entreprise, mais bien d’un choc exogène, où les anticipations de hausse des prix de l’énergie et de ralentissement économique global ont contaminé le sentiment des investisseurs locaux. « La Bourse de Casablanca a perdu près de 10% en deux séances depuis le début de la guerre en Iran. Si une partie de cette baisse est justifiée, le gros du mouvement peut être qualifié de panique. Or, vendre dans ces conditions a rarement été une sage décision », nous confie Adil Hlimi, consultant marché des capitaux. 

Cette sensibilité reflète une interconnexion croissante des marchés mondiaux : les investisseurs marocains surveillent non seulement les fondamentaux domestiques, mais aussi les indicateurs internationaux, tels que les cours du pétrole, les risques de rupture d’approvisionnement et les mouvements de capitaux vers des actifs sûrs. Dans ce contexte de risque géopolitique élevé, même des places boursières sans exposition directe aux zones de conflit peuvent subir de fortes corrections.  

La réaction de la Bourse de Casablanca s’inscrit également dans un mouvement plus large : d’autres marchés émergents et développés ont enregistré des baisses significatives en réponse à la crise, notamment en Europe, en Asie et au Moyen-Orient, soulignant une aversion au risque généralisée.  Cependant, dès le lendemain de cette chute brutale, une légère reprise technique a été observée, avec le MASI gagnant plus de 4 % à l’ouverture, signe que certains investisseurs cherchaient à profiter des niveaux de valorisation jugés attractifs après la correction. Ce rebond, bien qu’encourageant, reste fragile tant que l’incertitude géopolitique persiste.  

« Il y a cette fameuse étude du MIT, très médiatisée pendant le Covid, qui montre que 31% des investisseurs qui vendent en panique ne reviennent plus sur les marchés. Résultat : ils ratent souvent les plus beaux mouvements. On l’a vu en 2009, en 2020, en 2022… et puisque l’histoire a tendance à se répéter… », prévient avec confiance l’expert  En attendant, l’épisode de début mars 2026 rappelle que la Bourse de Casablanca n’est pas immune aux chocs internationaux. La correction brutale observée illustre une vulnérabilité aux tensions mondiales, mais elle met aussi en lumière la capacité du marché à absorber et à réagir à ces chocs, même si la volatilité demeure élevée. Pour les investisseurs, cette crise est un rappel que la gestion du risque et la compréhension des facteurs externes sont désormais aussi essentielles que l’analyse des fondamentaux locaux. 

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