En marge de l’Africa CEO Forum ouvert le 12 mai 2025 à Abidjan (Côte d’Ivoire), Africa50, investisseur et gestionnaire d’actifs panafricain spécialisé dans les infrastructures, a signé un protocole d’accord stratégique avec la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Objectif : créer de nouvelles solutions de financement des infrastructures dans l’espace UEMOA, en s’appuyant sur les marchés de capitaux régionaux.
Ce partenariat repose sur une initiative clé en Afrique : le recours aux marchés de capitaux régionaux à travers l’émission d’obligations dédiées aux projets d’infrastructure. Contrairement aux mécanismes traditionnels, souvent limités à des financements publics ou multilatéraux, explique-t-on, cette stratégie ouvre la voie à la mobilisation directe de l’épargne locale et régionale, en particulier celle des fonds de pension, des compagnies d’assurance et d’autres investisseurs institutionnels.
Il s’agit d’une rupture stratégique : plutôt que de dépendre exclusivement d’aides extérieures ou de dettes souveraines, les projets d’infrastructures pourront désormais être financés via des instruments financiers cotés à la BRVM, accessibles aux investisseurs de toute la région. Cette innovation renforce l’autonomie financière de l’espace UEMOA tout en créant des opportunités de rendement attractives pour le secteur privé.
Ces outils seront mis à la disposition des investisseurs via la BRVM, la bourse commune aux huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Selon Dr Félix Edoh Kossi Amenounve, Directeur général de la BRVM, cette initiative s’inscrit pleinement dans la stratégie de développement de la Bourse. Il a souligné le caractère inédit de ce partenariat dans la sous-région.
Environ 170 milliards de dollars de besoins par an
« On n’a pas vraiment vu, dans notre environnement, ce type d’instrument financier. Notre volonté commune avec Africa50, c’est de faire en sorte que ces nouveaux outils puissent se développer dans notre sous-région. D’autant plus que, depuis 1990, nous disposons d’un marché obligataire qui s’est extrêmement bien développé : nous avons atteint plus de 10 500 milliards de F CFA de capitalisation. En réalité, nous avons multiplié par 120 la capitalisation de notre marché obligataire », a indiqué le patron de la bourse régionale.
De son côté, Alain Ebobissé, directeur général d’Africa50, a rappelé l’ampleur des besoins en infrastructures sur le continent, estimés à 170 milliards de dollars par an. Insistant sur la nécessité d’un engagement fort du secteur privé pour combler le déficit. « Le déficit d’infrastructures ne pourrait être comblé que par l’implication du secteur privé. C’est l’une des raisons pour lesquelles Africa50 a été créée. »
Ce partenariat devrait permettre aux investisseurs locaux et régionaux, notamment les fonds de pension, les investisseurs institutionnels et privés, de s’impliquer plus directement dans le développement des infrastructures de la région. Il facilitera également l’accès au financement pour les développeurs de projets et soutiendra la création de projets bancables à l’échelle de l’UEMOA.



