Le groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 30,25 millions de dollars pour soutenir un programme destiné à renforcer la résilience climatique du secteur agricole au Bénin, notamment dans les zones les plus vulnérables du nord du pays. L’annonce a été faite par l’institution dans un communiqué publié le 25 juillet 2025.
L’objectif est de venir en aide à 150 000 petits exploitants agricoles, particulièrement exposés aux effets dévastateurs des sécheresses et des inondations. Ce, dans un pays où l’activité, qui emploie environ 70 % de la population, reste en effet fortement exposée aux aléas climatiques de plus en plus imprévisibles.
En exemple, les données disponibles renseignent qu’un agriculteur sur quatre, dans les départements de l’Alibori et de l’Atakora dans le nord, souffre d’insécurité alimentaire, un taux bien supérieur à la moyenne nationale. Les projections prévoient une baisse des rendements de cultures clés comme le coton et le maïs, avec des pertes économiques estimées à 201 milliards de francs CFA.
Selon Robert Masumbuko, représentant de la BAD au Bénin, ce programme marque un engagement fort de l’institution en faveur de la résilience des communautés rurales. « En introduisant des outils innovants de gestion des risques et en renforçant les capacités locales, nous aidons les agriculteurs à s’adapter au changement climatique tout en prévenant les conflits et en favorisant la cohésion sociale dans les zones frontalières fragiles », a-t-il souligné.
Le projet vient appuyer les efforts du gouvernement béninois pour instaurer une assurance agricole, en s’appuyant notamment sur la phase pilote déjà en cours, mise en œuvre par le Fonds national de développement agricole (FNDA). Il introduira deux mécanismes de transfert de risque climatique, notamment, une assurance souveraine contre les sécheresses et les inondations, via la Capacité africaine de gestion des risques (ARC), et une micro-assurance agricole ciblant directement les petits exploitants.
Au-delà de la couverture assurantielle, l’initiative prévoit de renforcer les capacités institutionnelles en matière de gestion des catastrophes climatiques, de déployer des systèmes d’alerte précoce équipés de stations agrométéorologiques, et de promouvoir des pratiques agricoles adaptées au climat.
Le programme vise également à favoriser une participation de 30 % des jeunes et à garantir une représentation féminine équivalente parmi les bénéficiaires. Il intègre également un volet de cohésion sociale, en facilitant l’intégration des populations déplacées dans les communautés d’accueil.
Le financement provient de plusieurs sources :20 millions de dollars de la Facilité d’appui à la transition (TSF),5 millions du Fonds africain de développement, 3 millions du fonds fiduciaire ADRiFi, et environ 2,44 millions de contributions nationales destinées au paiement des primes d’assurance.
Ce projet s’aligne avec les priorités stratégiques du pays, en cohérence avec le Plan national de développement 2018-2025 et le Plan national d’adaptation 2022-2027, et vise à transformer durablement l’agriculture béninoise face aux défis climatiques à venir.



