Les producteurs de noix de cajou de la région de Bono, localité du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, réclament l’instauration d’un prix annuel fixe pour les noix de cajou brutes, estimant que le système actuel basé sur un prix minimum les expose à des manipulations tarifaires de la part des agrégateurs. Selon Daniel Munufie, président de la coopérative régionale qui s’exprimait ce jeudi 27 novembre, un prix fixe offrirait aux agriculteurs une meilleure visibilité pour planifier leurs opérations agricoles et renforcerait leur sécurité financière, d’autant que la demande mondiale de noix de cajou reconstituées (RCN) continue d’augmenter. Rappelant que pour la campagne 2024/2025, le prix minimum de 1,37 USD/kg (environ 15 GH¢/kg) a parfois été abaissé arbitrairement jusqu’à 0,46 USD/kg (environ 5 GH¢/kg).
Les producteurs dénoncent également plusieurs pratiques abusives dans la chaîne de commercialisation. Daniel Munufie a notamment exprimé des inquiétudes concernant la manipulation des balances, une fraude régulièrement attribuée à certains agrégateurs, en particulier les acheteurs itinérants qui se déplacent de ferme en ferme. Cette situation, combinée à la présence persistante d’acheteurs non enregistrés — malgré une réglementation qui réserve le regroupement des RCN aux entreprises agréées — accentue la vulnérabilité des agriculteurs et contribue à des pertes de revenus significatives.
Les leaders agricoles signalent par ailleurs une recrudescence du vol de noix dans certaines communautés, les produits dérobés étant revendus à des collecteurs non agréés pour un profit rapide. La multiplication de ces acteurs informels fragilise encore davantage le marché local et limite l’impact des mécanismes de protection mis en place pour stabiliser les prix au producteur. Dans ce contexte, les coopératives sont appelées à jouer un rôle central dans la structuration du secteur et la défense des intérêts des exploitants.
Intervenant lors d’une session de formation, la directrice régionale du département des coopératives, Francisca Adorkor-Khein, a exhorté les dirigeants des organisations de producteurs à renforcer leur représentativité et leur capacité de dialogue avec les institutions et les membres. Pour Raphael Godlove Ahenu, coordinateur national de Cashew Watch Ghana, le renforcement du leadership au sein des coopératives est indispensable pour aider les agriculteurs à faire face à la volatilité des prix, au déficit d’information sur les marchés et à leur faible pouvoir de négociation. Il estime qu’une formation ciblée est essentielle pour permettre aux producteurs de mieux plaider en faveur des réformes nécessaires à la transformation du secteur.



