Les 11 et 12 juin 2025, Abidjan a accueilli une rencontre régionale consacrée à la gestion durable des sols et au développement rural, organisée dans le cadre du programme Soil Values, avec le soutien financier du Royaume des Pays-Bas à hauteur de 100 millions d’euros sur dix ans. L’objectif principal était de valider une stratégie de concertation pour la restauration des sols, en ligne avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Le programme Soil Values vise à impacter 1,5 million de petits exploitants agricoles, dont 800 000 femmes, et à promouvoir une gestion durable sur 2 millions d’hectares de terres agricoles. Le programme s’inscrit dans les cadres continentaux tels que la Déclaration de Nairobi, le Plan d’action africain pour les engrais et la santé des sols (AFSH), et les Objectifs de développement durable (ODD).
En effet, la dégradation des terres reste un frein majeur à la productivité agricole et à la sécurité alimentaire sur le continent. Elle engendre une baisse des rendements, une instabilité des revenus agricoles et une aggravation de l’insécurité alimentaire.
« Un processus continu »
Les travaux ont donc rassemblé des représentants des gouvernements, du secteur privé, des organisations paysannes et des partenaires techniques autour de solutions économiquement viables pour préserver la fertilité des sols.
« Soil Values est l’un des instruments de mise en œuvre de la Déclaration de Nairobi et du Plan d’action AFSH, contribuant directement aux ambitions de l’Afrique en matière de sécurité alimentaire et de résilience climatique », a souligné Yemisrach Getachew Aseffa, Responsable principal des partenariats, Commission de l’Union africaine – Coordinnatrice de la mise en œuvre du Plan d’action africain pour les engrais et la santé des sols.
« Nous devons affiner la stratégie et démontrer, par des preuves concrètes, que nous tiendrons nos promesses. C’est un processus continu. Nous poursuivrons le travail avec nos partenaires et le consultant afin que notre théorie du changement se traduise par un impact tangible », dira Dr Asseta Diallo, spécialiste de la santé des sols, à l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA).
Atteindre 1,5 million de petits exploitants agricoles et couvrir 2 millions d’hectares de terres agricoles
Le positionnement du programme dans l’écosystème régional a également été discuté : « Il se passe beaucoup de choses dans la région. Nous devons nous interroger : Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Quelle est notre contribution ? Quelle est notre place — et avec quels outils ? », a déclaré Eric Smaling, Directeur par intérim du programme.
Pour Dr Oumou Camara, Vice-présidente des programmes mondiaux à l’IFDC : « Nous devons toujours garder à l’esprit nos objectifs : atteindre 1,5 million de petits exploitants agricoles et couvrir 2 millions d’hectares de terres agricoles. Pour y parvenir, il nous faudra construire des efforts collectifs solides . Aucun acteur ne pourra le faire seul. Ensemble, nous pouvons réaliser cette ambition. »
Enfin, Alain Sy Traoré, représentant de la CEDEAO, a insisté sur l’importance de maintenir un environnement favorable à la coopération : « Au moment de conclure cette réunion, souvenons-nous que notre force réside dans une collaboration solide, l’engagement des parties prenantes et la recherche d’un impact collectif. Nous devons continuer à partager les connaissances et à renforcer leur diffusion à travers la région. »



