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Gabon : un collectif budgétaire conditionne un nouveau programme économique avec le FMI

Dans les milieux financiers de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), les experts pensent que « l’hypothèse d’un nouveau programme économique appuyé par le Fonds monétaire international (FMI) repositionne la crédibilité budgétaire du Gabon au centre des enjeux macro-financiers du pays en 2026 ». Et pour cause, expliquent-ils, « sans demande officielle formelle de la…

À Libreville au Gabon. (photo d’illustration). ©DR

Dans les milieux financiers de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), les experts pensent que « l’hypothèse d’un nouveau programme économique appuyé par le Fonds monétaire international (FMI) repositionne la crédibilité budgétaire du Gabon au centre des enjeux macro-financiers du pays en 2026 ». Et pour cause, expliquent-ils, « sans demande officielle formelle de la part du gouvernement gabonais pour un accord avec l’institution de Washington, la simple perspective d’un cadre de coopération a déjà influencé les anticipations des marchés et les perceptions de risque souverain ». Ce qui constitue, selon l’économiste camerounais Serge Eteki, « un signal fort dans un contexte de financement resserré et de tension croissante sur les accès aux capitaux ».

Sur le plan budgétaire, le débat porte essentiellement sur la loi de finances initiale 2026. Elle avait été ramenée à 6.358,2 milliards de FCFA (environ 11,6 millions USD) après arbitrages parlementaires, et jugée « trop optimiste » par nombre de partenaires et bailleurs internationaux, dont le FMI et la Banque mondiale. Le déficit est projeté à près de 15% du Produit intérieur brut (PIB). Les besoins de financement qui en découlent questionnent la soutenabilité du programme tel qu’adopté. Notamment au regard de la capacité de mobilisation de la dette observée en 2024-2025. A titre d’illustration, à fin mars 2025, l’encours de la dette publique a augmenté, atteignant environ 7.179 milliards de FCFA (environ 13,1 milliards USD), avec une prévision de dépasser 78% du Produit intérieur brut (PIB) à fin 2025.

Selon MarketForces Africa Financial News, qui met à la disposition des médias des informations financières, « cette fragilité budgétaire est d’ailleurs l’un des facteurs qui ont conduit à une dégradation de la notation souveraine du Gabon par Fitch Ratings fin 2025 ». L’agence expliquait alors qu’elle se basait sur « des tensions de liquidité et un accès aux financements extérieurs plus contraint ». En conséquence, l’agence de notation anticipait « une montée du ratio d’endettement public dans les années à venir ».

A l’analyse, pour satisfaire aux exigences macro-fiscales d’un futur programme avec le FMI, souvent conditionné à des « prior actions » ou engagements préalables sur des axes clés, Libreville envisage l’adoption d’une loi de finances rectificative (LFR). Ce type d’ajustement technique a déjà servi de levier lors de programmes précédents (notamment en 2018). Ce qui aura permis de réaligner les hypothèses macroéconomiques, les stratégies de financement et la discipline budgétaire requise par le FMI.

Au-delà des chiffres, les discussions avec le FMI portent sur quatre axes structurants. Ce sont « la fiabilité des projections macroéconomiques, une stratégie de mobilisation des ressources plus robuste, le traitement des arriérés intérieurs et la maîtrise des dépenses hors cadrage, notamment dans les entreprises publiques ». Dans ce contexte, une LFR crédible pourrait alors matérialiser des engagements vérifiables et constituer la condition sine qua non à un accord formel.

Au niveau du gouvernement, le ministre gabonais de l’Économie, Thierry Minko, fin connaisseur des exigences de Washington, mise sur une trajectoire graduelle :  « Annoncer pour rassurer, réviser pour crédibiliser, puis, le cas échéant, formaliser un programme pour sécuriser des financements durables. » A ce stade, la question n’est plus tant de savoir si la loi de finances 2026 sera amendée, mais quand et dans quelle mesure.

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