Dans un communiqué signé en date du 12 juillet 2024, le ministère gabonais de l’Economie a annoncé que l’État venait d’acquérir 2.590.000 actions représentant 35% du capital social de la société Agro Business Group (ABG), spécialisée dans le développement et la gestion de projets agro-industriels, notamment dans le caoutchouc. Cette acquisition fait suite à un accord conclu le 24 mai dernier entre les deux parties. De sources gouvernementales, cette opération a coûté à l’État gabonais environ 4 milliards de FCFA.
Les 35% ainsi acquis par l’État gabonais lui donnent droit de désigner deux administrateurs au conseil d’administration de la société et de participer à sa gouvernance. En contrepartie, la société ABG s’est engagée à maintenir et moderniser son outil de production à l’intérieur du pays. L’autre exigence faite par l’accord conclu entre les deux parties exige que ABG préserve environ 800 emplois directs sur les quatre sites (Bitam, Mitzic, Nsile et Kango), apure les arriérés de salaires et améliore les conditions de travail de ses employés.
De sources gouvernementales, « l’acquisition par l’État de plus d’un tiers du capital social de la société ABG est une opération qui participe à la mise en œuvre d’une meilleure gouvernance économique au profit de la population. Elle permet, en effet, de renforcer le processus de création de richesse dans le pays et de préserver de nombreux emplois ».
L’entrée de l’État gabonais dans le capital social d’ABG vise, selon le gouvernement, à accroître la production de caoutchouc après des perturbations enregistrées dans la filière, perturbations dues aux difficultés traversées par la Société d’investissement pour l’agriculture tropicale (SIAT, cédée en 2023 à l’agro-industriel belge Agrow Bv qui l’a renommée ABG) ces dernières années dans le pays.
Pour rappel, selon la note de conjoncture économique qui annonce cette acquisition, en 2023, le Gabon a produit 34.169 tonnes de caoutchouc humide. Faisant de ce pays de l’Afrique centrale le cinquième producteur de cette spéculation en Afrique derrière la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Liberia et le Cameroun.
A l’analyse, l’opération conclue entre le Gabon et ABG rentre dans le cadre de la politique des nouvelles autorités de la Transition de mettre l’État au centre de l’économie.



