Deux événements majeurs dédiés à l’énergie africaine programmés à des dates quasi simultanées en Europe, en mai 2026, et des tensions en l’air. Le forum Invest in African Energy, organisé dans l’orbite de la African Energy Chamber, se tient à Paris les 11 et 12 mai 2026. Le sommet Africa Energies, piloté par la plateforme britannique Frontier Energy Network dirigée par Gayle Meikle, est quant à lui prévu à Londres du 12 au 14 mai 2026.
Les deux rendez-vous ciblent les mêmes catégories d’acteurs : ministres du pétrole, dirigeants de compagnies nationales, majors, banques, cabinets de conseil et investisseurs spécialisés. Le différend s’est exprimé publiquement à partir de février 2026. Le 5 février 2026, NJ Ayuk, président exécutif de la African Energy Chamber, accuse Frontier de ne pas intégrer suffisamment d’Africains dans ses équipes dirigeantes et déclare : « Vous devez embaucher des Noirs ».
Le 11 mars 2026, la African Energy Chamber appelle au boycott du sommet londonien. Dans ses communications, elle cite nommément Gayle Meikle, fondatrice et directrice générale de Frontier Energy Network, ainsi que Daniel Davidson, directeur des opérations de cette plateforme et co-responsable de l’organisation du sommet Africa Energies. Le mouvement est relayé par plusieurs acteurs. Le 16 mars 2026, Florival Mucave, président de la Mozambique Energy Chamber, critique à son tour l’organisation du sommet londonien. Le 2 avril 2026, Joshua B. Narh, dirigeant de l’Energy Chamber Ghana, adopte une position similaire.
Les critiques formulées portent sur trois éléments : la représentation des Africains dans les équipes et les panels, la localisation des centres de décision hors du continent, et l’usage du concept de local content sans application interne aux structures organisatrices. En réponse indirecte, Gayle Meikle publie sur LinkedIn un texte intitulé “What Is an African?”, dans lequel elle questionne la définition de l’identité africaine dans un secteur globalisé et met en avant une approche qu’elle présente comme inclusive. Dans le même temps, les deux plateformes développent des offres comparables autour de l’organisation de sommets, de réseaux professionnels et de services de mise en relation entre gouvernements africains et investisseurs internationaux.
À ce stade, aucune réponse publique détaillée de Frontier Energy Network aux accusations formulées par la African Energy Chamber n’apparaît dans les communications accessibles.
S’agissant du boycott annoncé du sommet de Londres, les éléments disponibles appellent à la prudence. Plusieurs communications évoquent une décision de « ministres africains du pétrole » de ne pas participer, mais aucun nom de ministre en exercice n’est publiquement cité à ce stade. Les annonces les plus explicites proviennent de structures sectorielles liées à l’écosystème de la African Energy Chamber dirigée par NJ Ayuk. Ainsi, les positions du Mozambique (16 mars 2026) et du Ghana (2 avril 2026) ont été relayées respectivement par Florival Mucave et Joshua B. Narh, responsables de chambres énergétiques nationales, et non par des membres de gouvernements. En l’absence de déclarations officielles individuelles de ministres, le boycott apparaît donc, à ce stade, principalement porté et médiatisé par des organisations professionnelles du secteur, sans confirmation nominative au niveau politique.



