La courte saisie conservatoire de Air Côte d’Ivoire, le 22 novembre 2021, sur le tarmac de l’aéroport de Bamako, connaît des suites procédurales et des coups de menton entre Abidjan et Bamako. La compagnie éponyme s’est fendue d’un communiqué précisant qu’elle est étrangère à l’affaire BNI Gestion.
Le gouvernement ivoirien a par la suite publié un communiqué par Amadou Coulibaly, ministre de la Communication, des Médias et de la Francophonie, porte-parole du gouvernement, marquant sa «surprise» devant le déroulement des événements, estimant que toutes les dispositions seront prises pour «éviter que de pareilles voies de faits ne se reproduisent».
Et le communiqué (publié étrangement avec l’en-tête du ministère de l’Agriculture) de poursuivre estimant que Oumar Diawara est poursuivi par la justice ivoirienne pour complicité d’abus de biens sociaux et blanchiment de capitaux portant sur 15 milliards de FCFA. Cette procédure, poursuit le ministre ivoirien, est consécutive à «une plainte de l’agent judiciaire du Trésor suite à une transaction réalisée en fraude des intérêts de l’Etat de Côte d’Ivoire, à travers la BNI, société d’Etat et BNI Gestion, Société à participation publique majoritaire».
Un bémol cependant, la décision de la justice ivoirienne semble ignorer la sentence rendue par la Cour de la CEDEAO condamnant, fin octobre dernier, l’Etat de Côte d’Ivoire à payer 1,25 milliard à l’homme d’affaires en réparation des préjudices subis dans l’affaire BNI Gestion. L’Etat ivoirien dit user de toutes les voies de droit pour contester le jugement.
Dans le fond, la précipitation de la justice ivoirienne laisse songeur. Dans le sillage du verdict d’Abuja, Oumar Diawara avait été cité à comparaître d’abord le 17 novembre mais sans en être informé.
Les protestations du conseil de l’homme d’affaires pousseront le juge à renvoyer la comparution au 25 novembre. Puis coup de théâtre: les avocats de Oumar Diawara découvrent dans la notification reçue que la personne citée à comparaître n’est pas leur client mais un certain Ousmane Diarra. Erreur sur le destinataire ?
L’affaire est de nouveau renvoyée au jeudi 2 décembre 2021 pour régularisation de la citation.
Entre temps, le secrétaire général du ministère ivoirien de la Justice a saisi le procureur général près la Cour d’Appel de Bamako pour l’ouverture d’une enquête sur la saisie conservatoire de l’avion d’Air Côte d’Ivoire.


