L’effondrement d’un pont artisanal, samedi 15 novembre sur le site minier de Mulondo, dans la province du Lualaba, au sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), continue de faire débat dans le pays deux jours après le drame. Si les autorités, notamment le ministre provincial de l’Intérieur, Roy Kaumba Mayonde, évoque un bilan provisoire de 32 morts, des services spécialisés ont ensuite fait état d’un nombre de victimes bien plus lourd.
Selon les premières indications officielles, l’accident serait survenu lorsque des creuseurs artisanaux ont forcé l’accès à une concession minière fermée en raison des fortes pluies et des risques de glissement de terrain. Pour pénétrer dans la zone, ils avaient bâti un pont de fortune au-dessus d’une tranchée de sécurité, lequel s’est rompu sous la pression.
Mais un rapport du SAEMAPE, agence du ministère des Mines, avance une autre hypothèse : des tirs attribués à des militaires chargés de sécuriser le site auraient provoqué un mouvement de foule, entraînant entassement, blessures et décès.
Face à la gravité de la situation, les autorités du Lualaba ont suspendu toutes les activités artisanales sur le site et ouvert une enquête afin d’établir les responsabilités. Ce drame intervient alors que la province est au cœur de l’exploitation du cuivre et du cobalt, secteurs stratégiques tant pour l’économie congolaise que pour les chaînes de valeur mondiales de la transition énergétique.
Dans le même temps, un second incident a alimenté les inquiétudes : l’avion transportant une délégation du ministère des Mines dont le ministre Louis Watum Kabamba a pris feu lors de son atterrissage ce lundi à Kolwezi. Tous les passagers ont pu être évacués indemnes. La délégation se rendait précisément sur place pour suivre l’évolution de l’enquête de Mulondo.
Riche en ressources mais marquée par une exploitation artisanale souvent incontrôlée, la région de Kolwezi reste le théâtre de tensions récurrentes entre creuseurs, coopératives et partenaires privés. Ce nouvel accident met une fois de plus en lumière l’urgence d’un encadrement renforcé, d’infrastructures sécurisées et de mécanismes de gouvernance capables de concilier activité économique, sécurité humaine et stabilité sociale.



