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Côte d’Ivoire : une vague de chaleur exceptionnelle fait peser des risques sur l’agriculture et l’énergie

La Côte d’Ivoire fait face depuis la fin du mois de février 2026 à une vague de chaleur intense couvrant l’ensemble du territoire national. La Société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique (SODEXAM) a officiellement alerté la presse le 9 mars sur la persistance de ce phénomène, attendu jusqu’à la fin du mois…

La Côte d’Ivoire fait face depuis la fin du mois de février 2026 à une vague de chaleur intense couvrant l’ensemble du territoire national. La Société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique (SODEXAM) a officiellement alerté la presse le 9 mars sur la persistance de ce phénomène, attendu jusqu’à la fin du mois de mars, période correspondant traditionnellement au pic thermique annuel du pays. Au-delà de l’inconfort immédiat pour les populations, cet épisode météorologique exceptionnel expose des secteurs économiques stratégiques à des tensions opérationnelles significatives.

L’explication de ce pic thermique tient à une exposition précoce et directe au rayonnement solaire, caractéristique de la saison sèche en fin de cycle. Ce flux énergétique frappe le sol ivoirien avec une intensité au-dessus des normales. Le phénomène est amplifié dans les régions du Nord et du Centre par la présence de l’harmattan, vent sec continental qui accentue l’aridité de l’air et aggrave les conditions de vie et de travail sur le terrain.

Les relevés enregistrés dans ces zones dépassent largement les normales climatiques de la période de référence 1991-2020, avec des températures oscillant entre 35°C et 39°C. Cette anomalie thermique s’abat précisément au moment où s’ouvre la campagne de commercialisation de l’anacarde 2026, dont le prix bord champ vient d’être fixé à 400 FCFA le kilogramme. Premier exportateur mondial de noix brutes de cajou avec une production record de 1,55 million de tonnes lors de la campagne 2025, la Côte d’Ivoire ne peut se permettre une dégradation des conditions de collecte et de séchage dans un secteur qui génère 15 % des recettes d’exportation agricoles du pays et fait vivre directement quelque 800 000 familles. Le stress hydrique et thermique que subissent actuellement les vergers d’anacardiers dans le Nord du pays — épicentre de la production — est susceptible d’affecter la qualité des noix à l’exportation, au moment même où les prix mondiaux demeurent sous pression.

Au-delà de l’agriculture, la forte chaleur stimule mécaniquement la demande en énergie électrique liée au refroidissement, ce qui sollicite davantage un réseau national déjà sous contrainte. La baisse du débit des cours d’eau, induite par l’évaporation accélérée et le déficit pluviométrique concomitant, pèse sur la production hydroélectrique des barrages ivoiriens, qui assurent une part non négligeable du mix énergétique national. Ce double effet représente un facteur de risque pour la stabilité de l’approvisionnement électrique, aux répercussions directes sur l’industrie, le commerce et les ménages.

Face à ces risques cumulés, la SODEXAM appelle à une gestion rigoureuse des ressources hydriques et à une adaptation des rythmes de travail en extérieur. Pour les opérateurs économiques des filières agricoles et énergétiques, l’épisode actuel illustre la nécessité d’intégrer la résilience climatique comme variable structurelle dans les plans d’activité, à l’heure où l’Afrique de l’Ouest est confrontée à une intensification documentée des phénomènes thermiques extrêmes.

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