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Côte d’Ivoire : le Barreau d’Abidjan vent debout contre les cabinets étrangers

À peine installé à Abidjan, le cabinet juridique De Gaulle Fleurance EMEA, spécialisé dans l’accompagnement des investisseurs du Moyen-Orient en Afrique, fait déjà face à une fronde frontale du Barreau de Côte d’Ivoire. En ligne de mire : sa présence sur le marché local en tant que « conseil juridique », une qualification jugée trompeuse…

À peine installé à Abidjan, le cabinet juridique De Gaulle Fleurance EMEA, spécialisé dans l’accompagnement des investisseurs du Moyen-Orient en Afrique, fait déjà face à une fronde frontale du Barreau de Côte d’Ivoire. En ligne de mire : sa présence sur le marché local en tant que « conseil juridique », une qualification jugée trompeuse et illégale par les autorités ordinales.

Réuni le 16 juin, le Conseil de l’Ordre des avocats, par la voix de sa Bâtonnière, Me Florence Loan-Messan, a dénoncé avec fermeté l’arrivée de « cabinets étrangers non inscrits » qui contournent, selon elle, les règles régissant l’exercice de la profession d’avocat dans l’espace UEMOA. « Ce que l’on interdit aux avocats ivoiriens ailleurs, on ne peut l’accepter ici », a-t-elle déclaré, évoquant une atteinte manifeste à la souveraineté juridique nationale.

Le Barreau estime que la pratique de ces structures revient à exercer illégalement, tout en profitant d’une visibilité médiatique qui fausse la concurrence et marginalise les jeunes avocats locaux. Me Loan-Messan a aussi balayé les justifications souvent avancées par ces entités, notamment l’argument d’un prétendu déficit de compétences locales pour les dossiers à dimension internationale : « Non seulement outrageusement méprisant, mais surtout faux. »

Le Conseil rappelle que la profession est strictement régie par l’obtention du CAPA, sésame juridique indispensable à tout exercice. Il souligne également le rôle de la CARPA, caisse autonome garantissant la traçabilité des flux financiers, et pilier de la transparence dans la profession.

Ce nouvel épisode intervient quelques semaines seulement après une vive contestation similaire autour du cabinet Thiam & Associés. Le Barreau ivoirien, désormais en posture de rempart, semble déterminé à faire respecter une ligne rouge : nul ne saurait s’implanter sans reconnaissance officielle ni inscription à l’Ordre.

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