La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de noix de cajou, a relevé ses prévisions de production pour 2024 à 1,3 million de tonnes, contre 1,15 million de tonnes initialement estimées. Cette révision intervient dans un contexte de tensions commerciales, marqué notamment par la menace de droits de douane américains et la dépréciation du dollar, qui pèsent sur les exportations du pays. Selon une information relayée par Reuters.
Selon Mamadou Berté, directeur du Conseil du Coton et de la Noix de Cajou (CCA), cette hausse de la production est en partie le résultat de mesures efficaces contre la contrebande de noix de cajou brutes vers les pays voisins, notamment le Ghana et le Burkina Faso. Toutefois, les défis persistent à l’export, en particulier du côté du Vietnam, principal acheteur de la noix de cajou ivoirienne.
En temps normal, le Vietnam achète environ 80 % de la production ivoirienne, dont 60 % sont ensuite transformés et réexportés vers les États-Unis. Mais cette année, les achats vietnamiens ont chuté à 200 000 tonnes, contre 700 000 à 800 000 tonnes l’an dernier, en raison de l’instauration par l’administration Trump de droits de douane pouvant atteindre 46 % pour les exportations vietnamiennes vers les États-Unis. Pour la Côte d’Ivoire, un tarif de 21 %, le plus élevé en Afrique de l’Ouest, a été annoncé, mais temporairement suspendu pendant 90 jours dans le cadre de négociations en cours.
En parallèle, la baisse du dollar a fragilisé les marges des producteurs, les contrats ayant été signés à des taux de change plus élevés. Cette situation a entraîné une chute des prix sur le marché local, passés de 425 francs CFA (0,73 $) à 200 francs CFA (0,35 $) le kilogramme.
Selon les témoignages de plusieurs acteurs du secteur, dont huit acheteurs et cinq exportateurs vietnamiens et indiens, environ 200 000 tonnes de noix de cajou brutes ne trouvent actuellement pas preneur. Ces volumes pourraient être stockés ou écoulés sur le marché local afin d’éviter des pertes pour les producteurs.
Face à cette conjoncture défavorable, Mamadou Berté a indiqué que le CCA étudie des mécanismes de soutien pour le rachat des stocks restants, alors que les achats locaux ont déjà atteint 650 000 tonnes cette année, contre 300 000 tonnes en 2023.



