Le groupe de la Banque mondiale a annoncé, ce jeudi 5 décembre, que la Côte d’Ivoire va procéder à un échange de créances contre des programmes de développement, une opération destinée à améliorer le profil de la dette du pays et à générer d’importantes économies budgétaires. Il s’agit de la première initiative de ce type soutenue par le groupe de la Banque mondiale.
L’opération d’échange portera sur près de 400 millions d’euros de la dette commerciale la plus onéreuse de la Côte d’Ivoire, qui arrive à échéance dans les cinq prochaines années. Le pays rachètera ces créances à fort taux d’intérêt au moyen d’un prêt commercial assorti d’un taux d’intérêt plus faible, d’une échéance plus longue et d’un mécanisme de différé d’amortissement grâce à un rehaussement de crédit partiel de la nouvelle plateforme de garantie du Groupe de la Banque mondiale.
La banque soutient que la transaction dégagera environ 330 millions d’euros de ressources budgétaires au cours des cinq prochaines années, générant des économies durables d’au moins 60 millions d’euros en valeur actuelle nette, et permettra des investissements essentiels dans l’éducation. « Trop de pays sont confrontés à des paiements croissants au titre du service de la dette qui consomment les ressources qu’ils pourraient consacrer à des priorités de développement telles que l’éducation, les préparant à la réussite à long terme », a déclaré Anna Bjerde, directrice générale des opérations de la Banque mondiale.
L’échange des créances sera rendu possible par une garantie basée sur les politiques. Environ la moitié de la garantie de 500 millions d’euros facilitera la conversion de la dette, le reste permettant à la Côte d’Ivoire d’obtenir un prêt axé sur le développement durable afin d’élargir sa base d’investisseurs.
« Notre gouvernement a appliqué un solide programme de réformes en matière de consolidation budgétaire, conduisant à une gestion saine de la dette,. Nous sommes fiers d’être le premier pays à mettre en œuvre le mécanisme d’échange de dette contre programmes de développement, basé sur l’approche conjointe de la Banque mondiale et du FMI, pour investir dans le capital humain », s’est félicité le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé.



