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Climat : quand l’Afrique veut imposer son modèle

Face au désengagement des États-Unis de l’Accord de Paris, les dirigeants africains ont annoncé leur intention de proposer un nouveau modèle mondial pour faire face à la crise climatique. Un nouveau modèle qui sera fondé sur des investissements verts et une industrialisation durable. Réunis à l’occasion du deuxième sommet africain sur le climat, qui s’est…

Face au désengagement des États-Unis de l’Accord de Paris, les dirigeants africains ont annoncé leur intention de proposer un nouveau modèle mondial pour faire face à la crise climatique. Un nouveau modèle qui sera fondé sur des investissements verts et une industrialisation durable.

Réunis à l’occasion du deuxième sommet africain sur le climat, qui s’est ouvert le 8 septembre 2025 à Addis-Abeba, en Éthiopie, les chefs d’État du continent cherchent à parler d’une seule voix avant la COP30 prévue au Brésil. Ce sommet intervient dans un contexte de catastrophes naturelles accrues (glissements de terrain, inondations, sécheresses) qui mettent en lumière la vulnérabilité climatique de l’Afrique. « Nous ne sommes pas ici pour négocier notre survie, mais pour concevoir la prochaine économie climatique mondiale », a déclaré le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Le continent, composé de 54 pays, entend se positionner comme une plateforme d’opportunités pour les investissements dans la capture du carbone, les énergies renouvelables, les minéraux critiques pour les technologies vertes, mais aussi dans la sécurité alimentaire. L’objectif est de maintenir une trajectoire de développement malgré la crise climatique mondiale.

Abiy Ahmed a souligné que si les bons choix sont faits aujourd’hui, « l’Afrique peut être le premier continent à s’industrialiser sans détruire ses écosystèmes ». Il a par ailleurs exprimé le souhait que l’Éthiopie accueille la COP32 en 2027.

Un tournant stratégique

Une initiative panafricaine d’innovation climatique a été proposée, visant à mobiliser universités, centres de recherche, start-ups, inventeurs et communautés rurales, avec pour ambition de développer 1 000 solutions d’ici 2030 pour répondre aux défis climatiques du continent.

Cela dit, il est nécessaire de souligner que le financement reste un point noir : l’Afrique ne reçoit que 1 % du financement climatique mondial annuel, selon les organisateurs du sommet. Un pourcentage qui relève d’un paradoxe, puisque le continent est l’un des plus exposés aux effets du changement climatique, tout en n’étant responsable que d’une infime partie des émissions mondiales.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a plaidé pour un financement « équitable, significatif et prévisible », dénonçant les « inégalités structurelles du système financier mondial » qui freinent les efforts africains.

Dans un contexte marqué par le poids de la dette, les contraintes budgétaires et les effets du dérèglement climatique, les dirigeants africains espèrent que ce sommet sera un tournant dans la définition d’un modèle économique et écologique propre au continent, capable d’attirer les financements et de repositionner l’Afrique comme acteur incontournable de la transition climatique mondiale.

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