En session ce mercredi 5 octobre à Yaoundé, le conseil d’administration de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a délivré un avis conforme en vue de l’adoption, par le comité ministériel de l’Union monétaire d’Afrique centrale (Umac), du règlement Cemac relatif aux conditions d’exercice et de contrôle de l’activité de finance islamique dans la région.
Cette étape est le résultat d’un processus entamé depuis quelques années. En effet, c’est dans le cadre d’un projet de renforcement des capacités des institutions financières régionales de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) que la banque centrale avait sollicité, en 2019, les services de consultants pour l’élaboration d’un dispositif légal et réglementaire pour la supervision des activités de la finance islamique au bénéfice de la Commission bancaire (Cobac).
Dans les termes de référence, la BEAC notait encore que la finance islamique suscite un intérêt certain. Et que son développement « devient important dans certains pays de la CEMAC, notamment au Tchad, où des banques à capitaux libyens ou soudanais sont présentes ». D’où la nécessité d’un cadre légal et réglementaire adapté.
« Aussi, les perspectives de nouveaux développements sont encore plus significatives, compte tenu de l’existence dans la sous-région d’une importante population de confession musulmane, notamment au Cameroun et au Tchad et non nécessairement bancarisée. Enfin, l’importance des capitaux accumulés dans les pays islamiques pétroliers, et qui cherchent à s’investir dans des produits de finance islamique, offre des voies de développement au système bancaire de la CEMAC si celui-ci développe une capacité à les attirer en garantissant le caractère islamique des produits proposés », indique le document.
En rappel, le dispositif actuel de supervision de la Cobac a été construit pour superviser les établissements de crédit et de microfinance dits conventionnels. Il n’a pas prévu de règles spécifiques pour les produits et encore moins pour les établissements de finance islamique.
Mais il faut noter que plusieurs établissements de crédit ou de microfinance ont pris l’initiative d’entrer en contact avec la commission bancaire afin d’officialiser une offre de type « fenêtre islamique » en complément de leur activité traditionnelle.



