La Banque centrale du Soudan a ordonné la liquidation de la succursale locale d’Abu Dhabi Islamic Bank (ADIB), mettant fin à quatorze années de présence dans le pays, dans un contexte de guerre qui continue de fragiliser le système financier soudanais.
La gouverneure de la Banque centrale, Amna Mirghani Hassan El Tom, a signé la décision administrative n° 18 de 2026, engageant une procédure de liquidation volontaire immédiate, sur la base des pouvoirs prévus par la loi bancaire de 2004.
Selon une source bancaire citée par Sudan Tribune, la maison mère, basée aux Émirats arabes unis, aurait elle-même demandé la fermeture de la succursale, invoquant un manque de viabilité économique depuis le déclenchement du conflit au Soudan.
Pionnière émiratie sur le marché soudanais
Établie en 2012, la succursale était la première institution financière émiratie à obtenir une licence bancaire au Soudan. Elle assurait des services de banque d’entreprise, de gestion de patrimoine et de transferts financiers, notamment entre le Soudan et les Émirats arabes unis.
Elle figurait parmi les rares banques encore actives dans les opérations financières transfrontalières du pays après le début de la guerre, alors que les acteurs étrangers se retirent progressivement face à la dégradation des conditions sécuritaires et économiques.
Cette fermeture marque un nouvel épisode de contraction du secteur bancaire soudanais, déjà fortement affecté par le conflit armé, les restrictions de liquidité et la fragmentation des circuits financiers internationaux.
Fondée en 1997 et opérationnelle depuis 1998, Abu Dhabi Islamic Bank dispose d’un réseau régional couvrant plusieurs marchés, dont l’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Irak et le Royaume-Uni.



