La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) a obtenu l’approbation de son Conseil d’administration pour entamer les démarches visant à accéder aux marchés financiers internationaux de capitaux. Cette décision stratégique, prise lors d’une réunion virtuelle tenue le 12 juin 2026 sous la présidence du ministre centrafricain des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, renforce l’ambition de l’institution de diversifier ses sources de financement au service du développement en Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Selon le communiqué officiel publié à l’issue de ces travaux, le Conseil a marqué son accord sur les diligences à accomplir pour ouvrir les marchés internationaux de capitaux. Cette étape devrait s’accompagner de l’élaboration d’une stratégie formelle de mobilisation de ressources et de la fixation d’objectifs de levées de fonds dans les prochains mois. Une orientation qui constitue une rupture majeure par rapport au mode de financement traditionnellement utilisé par la BDEAC. Jusqu’ici, elle s’appuyait essentiellement sur les marchés financiers régionaux et les concours de partenaires multilatéraux ou bilatéraux.
L’accès de la BDEAC aux marchés internationaux intervient dans un contexte où la banque sous-régionale dispose désormais d’un point d’ancrage solide. Celui-ci est conforté par une notation inaugurale en devises étrangères attribuée le 21 novembre 2025 par l’agence de notation financière américaine Moody’s (note Ba3, perspective stable). Cette première évaluation externe, bien que située dans la catégorie dite spéculative, reconnaît le rôle structurant de la BDEAC dans le financement de projets clés de la CEMAC, ainsi que le soutien de ses actionnaires et les réformes entreprises en matière de gouvernance et de gestion des risques.
Pour la banque, l’ouverture aux marchés financiers internationaux ne se résume pas à un simple exercice d’image. Elle vise à élargir de manière significative l’éventail des instruments de financement disponibles pour accompagner les États membres (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) de la CEMAC dans la mise en œuvre de projets structurants d’infrastructure, d’agro-industrie, d’énergie ou de développement social. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du plan stratégique Azobé 2023-2027, qui prévoit un objectif global de mobilisation de ressources de plus de 1 456 milliards de FCFA.
Pour rappel, la BDEAC a déjà expérimenté avec succès certains instruments régionaux de levée de fonds. En avril 2024, l’émission obligataire lancée sur le marché financier de la CEMAC a permis de mobiliser 54,77 milliards de FCFA (environ 97 millions USD), dépassant l’objectif initial avec un taux de sursouscription notable. Par ailleurs, la banque dispose d’un programme de titres de créances négociables de 200 milliards de FCFA (près de 355 millions USD) pour 2025-2027, qui devrait soutenir ses opérations à moyen terme.
L’accès aux marchés internationaux de capitaux représente donc une opportunité pour renforcer la crédibilité et l’autonomie financière de la BDEAC, tout en augmentant sa capacité d’intervention dans une région confrontée à d’importants défis d’investissement. Cette stratégie pourrait également favoriser l’intégration financière de la CEMAC et attirer de nouveaux investisseurs à long terme.



