En lieu et place du partenariat public-privé (PPP) initialement prévu, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) a choisi d’attribuer, pour 1.000 milliards de FCFA (selon l’étude d’avant-projet sommaire, ndlr) la phase 2 de la construction de l’autoroute Yaoundé-Douala à la China First Highway Engineering Corporation (CFHEC), filiale du conglomérat China Communications Construction Company (CCCC),…
Publié le 19 janvier 2024 · 3 min de lecture
En lieu et place du partenariat public-privé (PPP) initialement prévu, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) a choisi d’attribuer, pour 1.000 milliards de FCFA (selon l’étude d’avant-projet sommaire, ndlr) la phase 2 de la construction de l’autoroute Yaoundé-Douala à la China First Highway Engineering Corporation (CFHEC), filiale du conglomérat China Communications Construction Company (CCCC), qui avait déjà réalisé la première phase de ce projet. L’information, mise à la disposition du public par le Mintp, indique que l’accord-cadre relatif à ces travaux a été signé le 12 janvier 2024 entre le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi et le directeur général de la CFHEC, Du Siyon. Selon les parties, cet accord-cadre va déboucher sur la signature de deux marchés publics pour les deux lots du projet et au démarrage du chantier cette année.
Pour justifier le gré à gré avec la CFHEC, au Mintp, l’on renseigne que « l’entreprise chinoise a été choisie par la présidence de la République ». En effet, souligne-t-on, « les échanges qui ont été amorcés avec l’entreprise CFHEC sont consécutifs aux hautes instructions du chef de l’État, contenues dans la correspondance N-B63/SG/PR du 30 novembre 2023, relative à la signature d’un contrat avec l’entreprise susmentionnée, pour la construction de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala ».
Le service de communication du Mintp va plus loin dans les explications. Selon lui, au terme de l’appel public à manifestation d’intérêt du 4 mars 2020, des trois entreprises ou groupements d’entreprises présélectionnés, seul l’entreprise portugaise Mota Engil y avait répondu. Seulement, ses exigences sur la participation de l’Etat à 75% du financement des travaux, la réalisation préalable d’études d’avant-projet détaillées, avant de présenter son offre définitive, ainsi que la prise en charge d’une partie des coûts d’exploitation par le payement du loyer ont fini par contraindre le gouvernement camerounais à opter pour un gré à gré avec l’entreprise chinoise CFHEC. Les autorités camerounaises estimaient que ces exigences devraient retarder le démarrage des travaux et contraindre l’État à mobiliser des sommes très importantes à brève échéance, comme dans un marché public.
Le Mintp est conforté dans son choix par ce que l’entreprise chinoise est déjà présente sur le terrain pour avoir réalisé les travaux de la première phase de l’autoroute Yaoundé-Douala. Mieux, CFHEC s’est engagée à préfinancer le début des travaux en 2024 et accompagner l’État dans la recherche des financements.
Pour rappel, le Cameroun compte sur un prêt concessionnel à contracter auprès d’Eximbank China et un prêt commercial auprès d’une autre banque non encore identifiée pour financer la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé-Douala. Selon le Mintp, la signature de l’accord de prêt avec la banque commerciale en août 2024 et avec Eximbank en février 2025.