Pour relancer le projet routier Bekoko-Limbe-Idenau, le gouvernement camerounais entend investir 113 milliards de FCFA (environ 197 millions USD). Cette infrastructure stratégique, d’environ 107 kilomètres (Km), vise à moderniser un axe clé entre le Littoral et le Sud-Ouest. Sa relance s’inscrit dans la réhabilitation de la Route nationale n°3, essentielle pour les échanges économiques.
Pour accélérer les études techniques et financières de ce projet, le 19 juin 2026 à Yaoundé, l’État du Cameroun, via le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a signé un mémorandum d’entente (MoU) avec l’entreprise britannique PROPAV Infrastructure Ltd, représentée par sa Country Manager, Paula Miguel, soutenue par le Haut-Commissaire du Royaume-Uni au Cameroun, Matt Woods, garant de l’entreprise. Au ministère des Travaux publics, l’on indique qu’« à travers ce protocole d’entente, le Cameroun et son partenaire britannique posent les jalons d’une collaboration destinée à accélérer la maturation du projet et à se rapprocher davantage sa phase concrète. La prochaine étape concerne l’analyse par les deux parties du chronogramme de travail proposé par le MINTP des descentes de terrain ». Le projet vise à « faciliter la circulation des biens et des personnes sur un corridor fortement sollicité ».
Sur le plan économique, l’enjeu est majeur pour le Cameroun. Et pour cause, souligne le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, « les coûts logistiques élevés pénalisent encore la compétitivité des entreprises locales ». Ainsi, soutient le gouvernement, « une route modernisée réduira les délais de transport. Elle limitera aussi les surcoûts liés à l’état dégradé de la chaussée actuelle ».
Par ailleurs, l’on s’attend à ce que le projet soutienne l’activité du port de Limbé. Il renforcera les connexions avec les zones industrielles et agricoles environnantes.
Pour les finances publiques, l’investissement reste conséquent. Il intervient dans un contexte de fortes contraintes budgétaires pour l’État. La relance du projet repose donc sur des montages financiers innovants dans lesquels les partenariats public-privé (PPP) constituent un levier central de cette stratégie. Les autorités espèrent attirer des capitaux privés et internationaux. L’objectif est de limiter l’impact direct sur le budget de l’État.
Les retombées attendues sont multiples pour les économies locales. La phase de travaux générera des emplois directs et indirects. Les secteurs du bâtiment et des travaux publics (BTP) et des services logistiques devraient en bénéficier. Les activités commerciales locales pourraient aussi gagner en dynamisme.
Sur le long terme, l’infrastructure favorisera l’intégration régionale. Elle renforcera la fluidité des échanges entre les bassins économiques. La route Bekoko-Limbe-Idenau est également stratégique pour le tourisme. L’accès aux zones côtières sera plus rapide et plus sûr.
Cependant, plusieurs défis demeurent. La maîtrise des coûts constitue un enjeu critique pour la réussite du projet. Les retards d’exécution ont souvent affecté les grands chantiers publics. La gouvernance et le suivi opérationnel seront donc déterminants. La transparence dans l’attribution des marchés constitue également un défi. Elle conditionnera la confiance des investisseurs et des partenaires.
Si les engagements sont tenus, l’impact macroéconomique pourrait être significatif. La route renforcerait la compétitivité du secteur des transports.
Pour tout dire, la relance du corridor Bekoko-Limbe-Idenau marque une étape clé. Elle illustre l’ambition du Cameroun de moderniser ses infrastructures structurantes.



