Dans les seuls départements du Mfoundi (Yaoundé) et du Wouri (Douala), l’Etat revendique 1.522 immeubles bâtis évalués à 1.512 milliards de FCFA (environ 2,65 milliards USD). L’information est révélée le 12 juin 2026 à l’Assemblée nationale par le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute. Le chef du gouvernement s’appuie sur le rapport de la première phase du recensement et de l’évaluation des immobilisations corporelles de l’État.
Dans le détail, les immeubles recensés dans le Mfoundi, représentent une valeur estimée à 1.070 milliards de FCFA (environ 1,87 milliard USD). Dans le Wouri, l’Etat estime ses immeubles bâtis à près de 442 milliards de FCFA (environ 773 millions USD).
Ces chiffres ont été communiqués en réponse à une interpellation parlementaire sur la politique d’assurance des biens publics au Cameroun. Dans cette réponse, le chef du gouvernement camerounais a reconnu « l’absence, à ce stade, de dispositif d’assurance privée couvrant le patrimoine immobilier de l’État ». Selo Joseph Dion Ngute, « cette situation s’explique par le régime juridique spécifique applicable aux biens publics ». Leur volume, leur dispersion géographique et leur valeur élevée les rendent difficilement assurables dans les conditions classiques du marché.
La Premier ministre camerounais a rappelé que « les bâtiments administratifs, édifices publics et immeubles relevant du domaine privé de l’État présentent des caractéristiques atypiques pour les assureurs privés ». Ils relèvent ainsi d’une prise en charge administrative plutôt que d’une couverture assurantielle classique. À l’instar du matériel roulant, la gestion de ces immeubles incombe au ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf), le garant du patrimoine de l’Etat. Ce département est présenté comme le garant institutionnel du patrimoine immobilier de l’État.
Pour autant, le gouvernement ne se limite pas à un simple inventaire. Le Premier ministre a annoncé « un renforcement des mesures de prévention prévues par le décret du 6 novembre 1984 sur les assurances du patrimoine immobilier public ».
Les actions envisagées portent sur la maintenance préventive, la sensibilisation des administrations et le développement d’une culture d’entretien des biens publics.
Avec 1.512 milliards de FCFA d’actifs bâtis identifiés à Yaoundé et Douala, l’enjeu devient désormais stratégique. Au-delà de la conservation, l’État est confronté à un défi de valorisation, de sécurisation et de maîtrise des coûts liés à la dégradation éventuelle de ce patrimoine. Faute d’assurance privée généralisée, une gestion plus active et rigoureuse s’impose.



