Le projet de loi sur la production biologique de l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC), actuellement soumis à l’examen des parlementaires, révèle qu’entre 1980 et 2022, les changements climatiques ont provoqué près de 6.710 milliards de FCFA (11,9 milliards USD) de pertes agricoles au Cameroun. Ce qui représente plus de 24% du produit intérieur brut (PIB) du pays.
A l’origine de ces pertes, indique l’ONACC, la forte dépendance de l’agriculture à la pluie et aux saisons. D’où « la nécessité d’un changement profond dans les modes de production pour garantir la sécurité alimentaire nationale ». Une recommandation rendue « nécessaire » par « des phénomènes climatiques extrêmes qui devraient s’intensifier dans les décennies à venir » rapportés dans le Plan national Climat rendu public en 2024 par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable. Pour qui « les aléas climatiques, notamment les sécheresses et les inondations, devraient s’intensifier en fréquence et en gravité d’ici 2100 ». Ce qui constitue « une menace directement les rendements agricoles, la stabilité des revenus ruraux et la disponibilité alimentaire ».
Pour autant, pour le gouvernement camerounais, cette menace est une aubaine en ce que la production biologique est un instrument d’adaptation et de durabilité. A l’ONACC, l’on considère que cette forme de production est « un levier indispensable de développement durable pour notre pays [qui] repose sur des « pratiques agricoles respectueuses de l’environnement ». Le document de cet organe notamment « la culture sous serre, qui réduit la dépendance aux précipitations et protège les cultures contre les variations climatiques extrêmes ». Ainsi vue, sur le plan économique, cette transition vers le biologique devrait augmenter la résilience des exploitations, valoriser les produits agricoles sur les marchés internationaux et réduire les pertes post-récoltes grâce à une meilleure maîtrise des cycles de production.



