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Cameroun : Les MUFID ont injecté 100 milliards de FCFA dans l’agriculture en 20 ans

Sur les 402 milliards de FCFA de crédits accordés par les Mutuelles financières de développement (MUFID) depuis la création, le 9 septembre 1992, de la première d’entre elles à Baham, dans la région de l’Ouest du Cameroun, 100 milliards de FCFA ont été consacrés au développement de l’agriculture dans le pays. Ce qui représente 25%…

Cette ruée du monde de la finance sur le secteur agricole tient de la promesse faite, en 2011 lors du comice agro-pastoral d’Ebolowa, dans le Sud, par le chef de l’État camerounais, et non tenue jusqu’ici, de créer une banque agricole pour faciliter l’accès des acteurs du monde rural aux crédits pour booster leurs activités. Illustration DR

Sur les 402 milliards de FCFA de crédits accordés par les Mutuelles financières de développement (MUFID) depuis la création, le 9 septembre 1992, de la première d’entre elles à Baham, dans la région de l’Ouest du Cameroun, 100 milliards de FCFA ont été consacrés au développement de l’agriculture dans le pays. Ce qui représente 25% du volume total des prêts accordés par ce réseau d’établissements de microfinance (EMF) au Cameroun. L’information, sous forme de bilan à fin septembre 2023, a été révélée au cours des deux assemblées générales, ordinaire et extraordinaire, tenues à Yaoundé le 24 octobre 2023.

L’on retient de ces travaux mixtes que ce volume de crédits consacrés à l’agricole était de 86 milliards de FCFA à fin juin 2022, pour un cumul de crédits accordés estimé à 350 milliards de FCFA. En l’espace de 15 mois, les MUFID ont décaissé 14 milliards de FCFA au profit des acteurs du monde rural. Ce qui, selon les responsables de ces EMF, traduit leur volonté de dominer le secteur du financement agricole. Ils peuvent compter sur l’appui du ministère allemand de la Coopération économique et du Développement. Qui, via la confédération allemande des coopératives (DGRV), les accompagne dans la mise en place d’« un dispositif de financement agricole » piloté par ces EMF de première catégorie.

La publication de cette information sur le financement agricole par le réseau des MUFID intervient quelques jours après celle sur la convention signée entre la Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts (CAPEF) du Cameroun et La Régionale Bank. Au cours de la cérémonie y relative, le 17 octobre 2023 à Yaoundé, le Managing Director de La Régionale Bank, Charles Rollin Omban Ekath, avait déploré le fait que « 60 ans après les indépendances, le Cameroun ne puisse pas avoir des mécanismes et des institutions de financement de l’agriculture ». Il avait alors promis « l’établissement, sur l’ensemble des 10 régions du pays, des agences spécialisées au développement de l’agriculture ». Question certainement de rivaliser avec les 95 MUFID sur tout le territoire camerounais à travers 121 points de services.

La Banque agricole toujours attendue

Par ailleurs, cette ruée du monde de la finance sur le secteur agricole tient de la promesse faite, en 2011 lors du comice agro-pastoral d’Ebolowa, dans le Sud, par le chef de l’État camerounais, et non tenue jusqu’ici, de créer une banque agricole pour faciliter l’accès des acteurs du monde rural aux crédits pour booster leurs activités. Las d’attendre la concrétisation de cette annonce présidentielle, il y a quelques années, l’un des anciens présidents de la CAPEF, en l’occurrence Janvier Mongui Sossomba, de regrettée mémoire, avait entrepris de mener une campagne pour la mise en place d’un fonds d’investissement consacré au financement agricole. Un projet qui, malgré un début tonitruant qui avait suscité un engouement général, est également tombé dans les oubliettes.

Pour rappel, selon les données des comptes nationaux de la Banque mondiale et fichiers de données des comptes nationaux de l’OCDE au Cameroun, la contribution de l’agriculture au Produit intérieur brut (PIB) du pays est de 17% en 2022 (la plus récente statistique). Loin des 27% en 1982 lors de la passation de pouvoir entre l’actuel chef de l’État, Paul Biya, et son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo. Dans ce registre, dans la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le Cameroun occupe la troisième position derrière la Centrafrique dont la contribution de l’agriculture au PIB est de 29,33%, et le Tchad, 22,6%. Et devant le Congo-Brazzaville, 8,53%, et le Gabon, 5,65%.

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