Dans le cadre du programme d’emprunts internationaux de 1.000 milliards de FCFA (environ 1,8 milliard USD) comptant pour l’exercice 2026, récemment autorisé le 21 janvier 2026 par le président de la République, le gouvernement camerounais entend mobiliser 585 milliards de FCFA (environ 1,05 milliard USD). Ce, après avoir levé des eurobonds d’une valeur totale de 415 milliards de FCFA (près de 750 millions USD) sur les marchés internationaux en janvier 2026 à un taux de 10,125%.
Selon le directeur de la Trésorerie au ministère des Finances (MINFI), Samuel Tela, qui s’exprimait sur la chaine de télévision publique (CRTV), « le Cameroun multiplie les discussions avec des partenaires financiers de premier plan ». Il confirme « des négociations pour obtenir des garanties de la part de la Banque africaine de développement (BAD) et de l’African Trade and Investment Development Insurance (ATIDI), l’agence panafricaine d’assurance du risque des projets/financements ». La sollicitation de la BAD vise à utiliser sa note de crédit (AAA avec une perspective stable attribuée par les principales agences de notation (Fitch Ratings, Moody’s, S&P), ndlr) et sa solidité institutionnelle pour obtenir des conditions de financement plus favorables, notamment des taux plus compétitifs auprès des investisseurs internationaux ».
Dans le même esprit, le gouvernement engage des discussions avec ATIDI afin qu’elle lui apporte également sa couverture. ATIDI, dont le Cameroun assure la présidence du conseil d’administration, pourrait jouer un rôle clé en assurant ou en garantissant une partie de ces futurs financements souverains.
Cette démarche s’aligne sur une stratégie plus large de diversification des sources de financement de l’État. En plus de l’international, Yaoundé prévoit aussi de mobiliser 400 milliards de FCFA (environ 722 millions USD) sur le marché domestique à travers des Obligations du Trésor assimilables (OTA) et d’obtenir 250 milliards de FCFA (environ 451 millions USD) en prêts directs auprès d’organismes privés nationaux.
Le déploiement de ces ressources vise à financer des projets de développement prioritaires et à éponger des restes à payer estimés à près de 485 milliards de FCFA (environ 875 millions USD) à fin septembre 2025, qui pèsent sur la trésorerie des fournisseurs publics et ralentissent l’activité des entreprises.A l’analyse, cette recherche de garanties externes traduit une gestion plus prudente du risque souverain et une tentative de sécuriser des financements à moindre coût dans un environnement international encore volatil pour les émetteurs africains.



