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Cameroun : après les émeutes, la Sosucam déclare des pertes de près de 8 millions USD

Les émeutes de fin janvier à la Société Sucrière du Cameroun (Sosucam), filiale du groupe français Somdiaa, ont provoqué des pertes d’environ 5 milliards de FCFA (7,8 millions USD). Soit l’équivalent des 50.000 tonnes de canne à sucre envolées à cause des 970 hectares de parcelles ravagés par les flammes au cours de ces remous…

Les émeutes de fin janvier à la Société Sucrière du Cameroun (Sosucam), filiale du groupe français Somdiaa, ont provoqué des pertes d’environ 5 milliards de FCFA (7,8 millions USD). Soit l’équivalent des 50.000 tonnes de canne à sucre envolées à cause des 970 hectares de parcelles ravagés par les flammes au cours de ces remous sociaux. Ces informations sont révélés par le directeur général adjoint (DGA) de l’entreprise, Jean-François Ntsama-Etoundi, au cours d’un point de presse qu’il a donné le 19 février 2025 à Yaoundé, la capitale du Cameroun, presqu’un mois après la grogne des employés du leader de la production sucrière du pays.

L’on se souvient que, dans un communiqué de presse rendu public le 6 février 2025 et dont Financial Afrik avait pu obtenir copie, l’entreprise rapportait que « depuis plusieurs jours, la Sosucam est confrontée à une crise importante, qui a conduit à l’arrêt total et contraint de ses activités ». A l’origine du mouvement social lancé le 26 janvier 2025, poursuivait-elle, « un retard de paiement des acomptes mensuels dû à une défaillance technique de l’opérateur mobile en charge de cette opération ». Une situation résolue, selon l’entreprise, en 24 heures.

Sauf que, selon la Sosucam, « malgré la résolution concrète du problème, les tensions naissantes d’une catégorie de travailleurs ont perduré ». Ainsi, révèle la filiale locale de Somdiaa, « du 26 au 29 janvier 2025, nos sites ont été bloqués par des groupes de manifestants incluant des individus étrangers à l’entreprise, paralysant progressivement l’ensemble de l’activité ». L’escalade est telle que « le 30 janvier 2025, des barricades ont été installées pour empêcher les travailleurs de rejoindre leur poste à Mbandjock et à Nkoteng ».

Au retard de paiement évoqué supra se sont ajoutées quatre revendications principales formulées au cours des réunions de concertations quotidiennes présidées par les autorités administratives locales, et auxquelles prenaient part le top management de l’entreprise, les délégués du personnel, des syndicats et les employés. Il s’agit notamment « du retour des dates de paiement des salaires et acomptes aux 5 et 20 du mois, accepté dès le 30 janvier ; de l’amélioration des modalités de paiement des acomptes avec des dispositifs spécifiques pour faciliter le retrait des fonds ; du paiement en espèces des salaires, refusé pour respecter la loi limitant les paiements en espèces au-delà de 100.000 FCFA ; et le relèvement du salaire de base à 105.000 FCFA, jugé irréalisable par la direction générale qui a rappelé que la rémunération moyenne atteint ce montant grâce aux primes et aux heures travaillées ».

Finalement, le 7 février, 2025, révèle Jean François Ntsama-Etoundi, « une nouvelle réunion de concertation a conduit à l’augmentation du salaire de base de 56.000 à 57.000 FCFA ainsi qu’à la revalorisation des primes de salissure (+150 FCFA) et de santé (+500 FCFA). Le 8 février, l’ensemble du personnel, y compris les coupeurs, a repris le travail ».

Pour rappel, ce mouvement de grève s’inscrit dans un contexte où l’entreprise connaît des problèmes de trésorerie. Malgré ces difficultés, apprend-on, la production a repris normalement depuis le 8 février 2025, avec une campagne en cours prévue jusqu’à mi-mai 2025. La capacité de production journalière varie entre 500 et 700 tonnes de sucre, et les stocks actuels s’élèvent à 30.000 tonnes, assurant une couverture suffisante du marché, notamment en cette période de Ramadan, sans risque de pénurie.

Financial Afrik Premium