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BRVM : BOA Niger s’envole de 40% malgré un profit warning et un bénéfice en chute libre

L’action de Bank Of Africa Niger figure parmi les meilleures performances bancaires de la BRVM ces derniers mois. En l’espace de six mois, le titre a gagné près de 40 %, illustrant l’appétit persistant des investisseurs pour les valeurs bancaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette envolée boursière contraste toutefois avec les difficultés…

L’action de Bank Of Africa Niger figure parmi les meilleures performances bancaires de la BRVM ces derniers mois. En l’espace de six mois, le titre a gagné près de 40 %, illustrant l’appétit persistant des investisseurs pour les valeurs bancaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette envolée boursière contraste toutefois avec les difficultés opérationnelles révélées par la banque. Le 20 février 2026, le Conseil d’administration de BOA Niger avait publié un profit warning informant le marché d’une baisse attendue de 92 % du résultat net au titre de l’exercice 2025 par rapport à l’année précédente.

L’établissement expliquait cette contre-performance par une forte hausse du coût du risque liée à des dotations exceptionnelles pour risques et charges. La banque évolue dans un environnement particulièrement dégradé. Selon les données communiquées, les encours de crédit du système bancaire nigérien ont reculé de 4,1 % en 2025 tandis que les dépôts n’ont progressé que de 1 %. BOA Niger a été davantage affectée que le marché avec une contraction de 21 % de son portefeuille de crédits, malgré une hausse de 4 % des dépôts clientèle.

La dégradation de la qualité des actifs constitue l’autre sujet de préoccupation. Le taux de créances en souffrance du secteur bancaire nigérien est passé de 24,4 % à 28,6 % entre novembre 2024 et novembre 2025, obligeant les banques à renforcer leurs provisions.

Pourquoi alors une telle progression du titre ? Le marché semble avoir privilégié une lecture prospective du dossier. Les investisseurs paraissent considérer que les pertes de rentabilité observées en 2025 relèvent davantage d’un choc conjoncturel que d’une remise en cause du modèle économique de la banque. Ils s’appuient également sur la solidité des ratios prudentiels de l’établissement, restés conformes aux exigences réglementaires, ainsi que sur le soutien du groupe panafricain Bank Of Africa.

Cette divergence entre l’évolution du cours de Bourse et celle des résultats illustre une règle classique des marchés financiers : les investisseurs achètent souvent les perspectives futures plutôt que les performances passées. Dans le cas de BOA Niger, la Bourse semble avoir déjà tourné la page de 2025, alors même que les comptes rappellent la profondeur des difficultés auxquelles reste confronté le secteur bancaire nigérien.

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