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BOA Mali : l’effet ex-dividende provoque une chute de 10 % du titre dans un marché en forte hausse

Le marché des actions de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a clôturé la semaine du 5 juin 2026 sur une note résolument positive. Les trois principaux indices ont progressé de concert, le BRVM Composite gagnant 2,75 % à 437,24 points, le BRVM 30 avançant de 2,92 % à 205,37 points et le BRVM…

Le marché des actions de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a clôturé la semaine du 5 juin 2026 sur une note résolument positive. Les trois principaux indices ont progressé de concert, le BRVM Composite gagnant 2,75 % à 437,24 points, le BRVM 30 avançant de 2,92 % à 205,37 points et le BRVM Prestige de 2,94 % à 170,97 points. Cette progression s’est accompagnée d’une hausse généralisée de l’ensemble des secteurs d’activité cotés.

Dans ce contexte favorable, la contre-performance de BANK OF AFRICA Mali (BOA Mali) a retenu l’attention. Le titre a enregistré la plus forte baisse hebdomadaire du marché avec un recul de 10,10 %, alors même que 35 valeurs ont terminé la semaine dans le vert contre seulement 11 en baisse, une seule valeur restant inchangée.

Cette correction s’explique essentiellement par le détachement du dividende intervenu le 3 juin 2026. La banque a distribué à ses actionnaires un dividende global brut de 9,003 milliards de FCFA, soit 328 FCFA par action. Après prélèvement de l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières (IRVM) de 7 %, le dividende net ressort à 305,04 FCFA par action.

Avec un cours de 4 690 FCFA observé avant l’opération, le rendement du titre atteignait 6,5 %, un niveau parmi les plus attractifs du secteur bancaire régional. L’ajustement du cours consécutif au paiement du dividende explique ainsi l’essentiel du mouvement observé sur le marché.

Les fondamentaux de la banque demeurent, pour leur part, orientés favorablement. Le total du bilan a progressé de 10 % pour atteindre 593,5 milliards de FCFA. Les dépôts de la clientèle ont bondi de 20 % à 503 milliards de FCFA tandis que le produit net bancaire a augmenté de 5,08 % à 38 milliards de FCFA.

Surtout, la qualité du portefeuille semble s’améliorer. Le coût du risque a reculé de 37 % à 4,59 milliards de FCFA contre 7,30 milliards un an auparavant. Cette évolution a permis au résultat d’exploitation de progresser de 10 % à 9,41 milliards de FCFA malgré un recul du résultat brut d’exploitation lié à une hausse des dotations aux amortissements.

La baisse du titre intervient ainsi à contre-courant d’un marché particulièrement dynamique. L’activité boursière s’est nettement accélérée avec 4,52 millions de titres échangés, en hausse de 80,4 % par rapport à la semaine précédente. En valeur, les transactions ont atteint 10,15 milliards de FCFA, soit une progression de 140,9 %.

Comme souvent ces dernières semaines, Ecobank Transnational Incorporated (ETI-Togo) a dominé les échanges en volume, représentant à elle seule 66,45 % des titres négociés. En valeur, Société Générale Côte d’Ivoire s’est hissée en tête avec 18,06 % des transactions.

La meilleure performance hebdomadaire est revenue à CIE Côte d’Ivoire, dont le cours a bondi de 28,19 %, illustrant l’appétit persistant des investisseurs pour certaines valeurs de rendement et de croissance.

La capitalisation du marché des actions a atteint 16 844 milliards de FCFA, portant la capitalisation globale de la BRVM à 28 873 milliards de FCFA. Le compartiment obligataire représente désormais 12 029 milliards de FCFA, soit 41,66 % de la valeur totale du marché.

Sur le marché de la dette, l’obligation « État du Sénégal 6,75 % 2025-2032 » a concentré 54,17 % des échanges en valeur avec des transactions atteignant 636,2 millions de FCFA, contre seulement 72,8 millions la semaine précédente.

Parallèlement, le marché régional des titres publics est resté soutenu. Les États de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Sénégal ont levé plus de 225 milliards de FCFA contre 176 milliards une semaine auparavant, soit une hausse de 28,1 %. Le rendement moyen pondéré est ressorti à 7,37 %, contre 7,05 % précédemment. Le Sénégal a offert le rendement le plus élevé de la semaine avec 7,98 %.

Cette remontée des rendements confirme que les investisseurs continuent d’exiger des primes de risque élevées sur les émissions souveraines régionales. Malgré cela, la BRVM poursuit son mouvement ascendant, portée par la solidité des résultats des entreprises cotées et un regain de liquidité observable sur l’ensemble du marché.

Dans cet environnement, la baisse de BOA Mali apparaît davantage comme un ajustement technique lié à la distribution d’un dividende généreux que comme une remise en cause des perspectives de l’établissement.

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