Dans le différend qui l’oppose au gouvernement malien concernant la mine de Loulo-Gounkoto, Barrick Gold a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), du groupe de la Banque mondiale, pour demander des mesures provisoires. Dans le document adressé au CIRDI mercredi 28 mai, Barrick réclame une injonction contre toute…
Publié le 30 mai 2025 · 2 min de lecture
Mark Bristow, CEO de Barrick Gold Corporation.
Dans le différend qui l’oppose au gouvernement malien concernant la mine de Loulo-Gounkoto, Barrick Gold a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), du groupe de la Banque mondiale, pour demander des mesures provisoires.
Dans le document adressé au CIRDI mercredi 28 mai, Barrick réclame une injonction contre toute mesure aggravant le conflit. « Cela inclut les tentatives du Mali de placer la mine sous tutelle », a précisé Timothy Foden, du cabinet Boies Schiller Flexner, cité par l’agence Reuters.
Cette demande survient alors qu’un tribunal malien doit statuer le 2 juin sur l’initiative du gouvernement de reprendre temporairement le contrôle de la mine. Le Mali envisage désormais de placer la mine sous administration provisoire, ce que Barrick considère comme une mesure arbitraire et contraire à ses droits contractuels.
La société minière cherche à empêcher le gouvernement malien de prendre le contrôle de son exploitation aurifère de Loulo-Gounkoto, fermée depuis janvier à la suite de la confiscation par les autorités de trois tonnes d’or pour des arriérés d’impôts présumés, des allégations rejetées par Barrick. En réaction, l’entreprise a suspendu ses opérations sur le site, tout en contestant fermement cette mesure. Depuis, les tensions se sont accrues : le gouvernement a fermé le siège local de la société à Bamako et certains cadres ont été interpellés.
Ce conflit s’inscrit dans un contexte plus large de réformes du secteur minier au Mali. Troisième producteur d’or d’Afrique après le Ghana et l’Afrique du Sud, le pays tire une part significative de ses recettes publiques de l’exploitation aurifère. Confronté à une pression budgétaire croissante, le gouvernement de transition, dirigé par l’armée depuis 2021, a adopté en 2023 un nouveau code minier renforçant la souveraineté nationale sur les ressources naturelles.
Ce nouveau cadre accorde à l’État une participation accrue dans les projets miniers (jusqu’à 35 %, contre 20 % auparavant) et élargit ses pouvoirs de contrôle fiscal, douanier et environnemental.