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Afrique du Sud : un investissement de 75 millions USD de la BAD pour bâtir la première usine africaine de dioxyde de titane

L’Afrique du Sud s’apprête à accueillir la première grande usine de production de dioxyde de titane du continent. Il s’agit d’un projet industriel soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 75 millions de dollars, qui marque une avancée majeure dans la stratégie d’industrialisation de l’Afrique et sa quête d’autonomie productive. Le…

L’usine sera implantée dans la zone de développement industriel de Richards Bay en Afrique du Sud. Le site, porté par la société Nyanza Light Metals Pty Ltd, produira, selon les estimations, 80 000 tonnes de pigment de dioxyde de titane par an, un matériau stratégique utilisé dans les peintures, les revêtements, les cosmétiques et certaines applications médicales. Illustration © DR

L’Afrique du Sud s’apprête à accueillir la première grande usine de production de dioxyde de titane du continent. Il s’agit d’un projet industriel soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 75 millions de dollars, qui marque une avancée majeure dans la stratégie d’industrialisation de l’Afrique et sa quête d’autonomie productive.

Le financement, approuvé cette semaine par le conseil d’administration de l’institution panafricaine, s’inscrit dans la logique de transformation structurelle du continent, en misant sur la valorisation locale des ressources naturelles. « Cet investissement illustre notre engagement à faire évoluer l’image d’une Afrique exportatrice de matières premières vers une Afrique créatrice de valeur ajoutée », a déclaré Solomon Quaynor, vice-président de la BAD chargé du secteur privé, des infrastructures et de l’industrialisation.

Le projet, apprend-on, bénéficiera également d’un appui de 25 millions de dollars provenant du Fonds “L’Afrique grandit ensemble”, un mécanisme de cofinancement mis en place par la BAD et la Banque populaire de Chine.

L’opération fait partie d’un accord syndiqué plus large, conduit conjointement par la Société financière africaine (AFC) et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), témoignant d’une coopération financière africaine en pleine maturité.

Richards Bay, futur pôle industriel du titane

L’usine sera implantée dans la zone de développement industriel de Richards Bay, l’un des plus grands hubs portuaires et logistiques d’Afrique australe. Le site, porté par la société Nyanza Light Metals Pty Ltd, produira, selon les estimations, 80 000 tonnes de pigment de dioxyde de titane par an, un matériau stratégique utilisé dans les peintures, les revêtements, les cosmétiques et certaines applications médicales.

Pour Donovan Chimhandamba, directeur général de la société Nyanza, ce projet marque « un tournant décisif pour l’avenir industriel de l’Afrique », positionnant l’entreprise comme « un acteur clé de la valorisation des ressources minérales du continent ».

Au-delà de l’impact économique, le projet permettra de réduire la dépendance du continent vis-à-vis des importations de produits transformés, renforçant ainsi la souveraineté industrielle africaine, indiquent ses promoteurs.

Un projet à fort impact social et inclusif

Par ailleurs, indique-t-on, le chantier de construction générera 2 400 emplois, dont 30 % réservés aux femmes et aux jeunes. Une fois l’usine opérationnelle, elle devrait employer jusqu’à 850 travailleurs qualifiés, avec des objectifs ambitieux : 45 % de femmes, 30 % de jeunes et 20 % issus de milieux à faibles revenus.

L’Afrique, riche en minerais, exporte encore la majeure partie de ses ressources sans transformation locale. En installant une usine de production de dioxyde de titane, l’Afrique du Sud franchit un pas décisif vers une meilleure intégration dans la chaîne de valeur mondiale du titane, un marché estimé à plus de 20 milliards de dollars par an.

Le projet devrait aussi stimuler les écosystèmes industriels régionaux, en créant de nouvelles opportunités pour les PME locales, les secteurs de la logistique, et la formation technique et scientifique.

Vers une Afrique industrielle et compétitive

Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision “High 5” de la BAD — notamment le pilier “Industrialiser l’Afrique” — et démontre la faisabilité de partenariats innovants entre institutions financières africaines, États et secteur privé.

Elle symbolise aussi un changement de paradigme : celui d’une Afrique qui ne se contente plus d’exporter ses richesses, mais qui les transforme pour créer de la valeur, des emplois et de la résilience économique.

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