Accusés d’actes de corruption présumée au Cameroun dans des opérations africaines de Glencore, le 10 novembre 2025, Martin Wakefield, David Perez, Paul Hopkirk et Ramon Labiaga, d’anciens négociants pétroliers du géant anglo-suisse ont plaidé « non-coupable » lors de l’audience de mise en état préalable au procès qui s’ouvrira en octobre 2027 pour six mois devant la Southwark Crown Court. L’audience préalable de ce jour-là rentrait dans le cadre d’une procédure ouverte au Royaume-Uni depuis 2022 après que Glencore ait reconnu « avoir versé des pots-de-vin pour sécuriser des contrats dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Cameroun ».
Dans le détail, apprend-on de différentes sources judiciaires, au cours de cette audience, Wakefield ne s’est pas reconnu dans des opérations de paiements illicites présumés au Nigeria, au Cameroun et en Côte d’Ivoire entre 2007 et 2014. Le même Wakefield, ainsi que son collègue Perez rejettent les accusations de complicité dans un complot visant à falsifier des factures justifiant des « frais de service » entre 2007 et 2011. Dans le même temps, Perez ne se reconnait pas dans des opérations de paiements illicites présumés au Cameroun et à la Côte d’Ivoire. De leur côté, Hopkirk et Labiaga nient avoir corrompu des autorités nigérianes. Lors de la comparution des négociants du géant pétrolier anglo-suisse, l’on a noté l’absence d’Alex Beard et Andrew Gibson, deux anciens dirigeants de Glencore. Des sources proches de ces deux responsables, eux aussi inculpés en 2024, révèlent qu’ils s’apprêtent également à plaidé « not guilty ».
Alors que la procédure prend corps à Londres, au Cameroun, où Glencore est accusé d’avoir acheté du brut à environ 30% en dessous des prix du marché, l’on attend toujours qu’on révèle l’identité des responsables publics soupçonnés d’avoir perçu près de 7 milliards de FCFA (12 millions USD) de pots-de-vin pour faciliter l’obtention de contrats pétroliers. Après les aveux de Glencore devant la justice britannique en mai 2022, en novembre 2023, le chef de l’Etat camerounais avait autorisé la Société nationale des hydrocarbures (SNH) à saisir le Tribunal criminel spécial (TCS). Depuis lors, cette juridiction d’exception, créée en 2011 pour connaître des affaires liées à l’atteinte de la fortune publique supérieures à 50 millions de FCFA (86.000 USD), n’a pas fait avancer le dossier. Tout comme aucun cadre de la SNH ou de la Société nationale de raffinerie (Sonara) n’a été auditionné jusqu’ici.


