Vendredi 18 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

,

Depuis Abidjan, l’Afrique de l’Ouest accueille une rencontre pour dynamiser les marchés du carbone en

Du 23 au 24 janvier 2025, Abidjan a été le théâtre d’un forum consacré aux marchés du carbone en Afrique de l’Ouest, avec pour ambition de soutenir le développement de mécanismes régionaux et nationaux. Cet événement visait à favoriser les échanges d’expertise, à renforcer les cadres réglementaires et à promouvoir les investissements dans des projets…

Du 23 au 24 janvier 2025, Abidjan a été le théâtre d’un forum consacré aux marchés du carbone en Afrique de l’Ouest, avec pour ambition de soutenir le développement de mécanismes régionaux et nationaux. Cet événement visait à favoriser les échanges d’expertise, à renforcer les cadres réglementaires et à promouvoir les investissements dans des projets durables. Il a réuni des participants diversifiés : experts internationaux en environnement, investisseurs institutionnels, représentants d’organisations non gouvernementales (ONG) spécialisées dans le climat et dirigeants d’entreprises privées engagées dans les énergies renouvelables et les technologies vertes.

Dans son discours inaugural, l’Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire a rappelé l’importance de cette rencontre, symbole d’une ambition commune : « Transformer les défis climatiques en moteurs d’innovation et de développement durable. »

Il a ajouté : « La neutralité carbone ne se limite pas à un objectif environnemental, elle constitue une voie pour bâtir une économie résiliente, créatrice de valeur et d’emplois.”

L’Ambassadeur a également salué les efforts des gouvernements ouest-africains pour intégrer les mécanismes de marché du carbone dans leurs stratégies climatiques, tout en réaffirmant l’engagement de la France et de l’Union européenne à accompagner leurs partenaires dans cette dynamique.

Le Ministre ivoirien du Développement Durable et de la Transition Écologique, Jacques Assahoré Konan, parrain du forum, a de son côté mis en avant l’engagement de la Côte d’Ivoire à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30,41 % d’ici 2030, conformément à ses contributions déterminées au niveau national. Il a exprimé la volonté du pays de jouer un rôle de modèle en matière de durabilité, conciliant développement économique et préservation de la planète :

« Le potentiel en termes de marché carbone de la Côte d’Ivoire est immense. Nous avons réalisé un projet pilote en 2024 avec le Fonds carbone de la Banque mondiale, qui nous a déjà permis de mobiliser 30 millions de dollars, soit 18,89 milliards de FCFA. »

Mme Francesca Di Mauro, représentante de l’Union européenne en Côte d’Ivoire, a  quant à elle, souligné l’urgence climatique qui frappe particulièrement l’Afrique de l’Ouest, marquée par la sécheresse, les inondations et la perte de biodiversité. Elle a insisté sur le rôle du marché carbone comme levier essentiel :

« Le marché carbone représente une opportunité unique qui offre une plateforme où les réductions d’émissions de gaz à effet de serre peuvent être valorisées tout en encourageant les investissements dans des technologies propres. »

La compensation carbone permet en effet aux pays, entreprises et particuliers de soutenir financièrement, via l’achat de crédits carbone, des projets de réduction ou de séquestration du CO2. Cependant, en Afrique de l’Ouest, ce marché reste sous-exploité : en dix ans, les pays de la région n’ont généré que 20 millions de tonnes de crédits carbone, soit seulement 9 % des crédits produits sur le continent. Pour relever ces défis, le rôle du secteur privé est essentiel. Comme l’ont rappelé la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), 80 % des financements nécessaires à la transition écologique doivent provenir du secteur privé, qui peut y apporter des ressources financières et technologiques indispensables.

Financial Afrik Premium