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Minerais critiques : l’État français devient premier actionnaire d’Eramet via une augmentation du capital de 500 millions €

 Dans un communiqué de presse publié sur son site web le 12 octobre 2026, le groupe minier français Eramet confirme son projet d’augmentation de capital en 2026. Ce, grâce au soutien de ses actionnaires de référence et un investissement stratégique de l’Etat français de 500 millions d’euros (€), soit environ 328 milliards de FCFA, qu’il…

 Dans un communiqué de presse publié sur son site web le 12 octobre 2026, le groupe minier français Eramet confirme son projet d’augmentation de capital en 2026. Ce, grâce au soutien de ses actionnaires de référence et un investissement stratégique de l’Etat français de 500 millions d’euros (€), soit environ 328 milliards de FCFA, qu’il lancera au quatrième trimestre 2026.

L’Agence des participations de l’État (APE) souscrira à hauteur de ses 27,1% du capital. Elle rachètera ensuite tout ou partie des droits de Sorame-CEIR, la structure de la famille Duval. Cette dernière, détentrice de 37,2% du capital fin 2025, passera au second rang. L’accord plafonne les droits de vote de l’État à 49% et ceux de Sorame-CEIR à 30%. Un nouveau pacte d’actionnaires encadrera l’ensemble.

La situation financière impose cette décision. Eramet a subi une perte nette de 477 millions € en 2025. Au premier semestre 2026, la dette nette atteint encore 1,868 milliard € et le résultat net part du groupe reste déficitaire de 146 millions €. L’excédent brut d’exploitation (EBE) ajusté progresse pourtant de 45%, à 276 millions €. Pour autant, cette amélioration ne suffit pas. Le groupe veut sécuriser ses engagements bancaires de mi-2027 et faciliter le refinancement de sa dette. Il suspend ses dividendes tant que son levier ajusté dépasse 1.

Paris défend aussi un objectif industriel. L’État veut sécuriser l’approvisionnement français et européen en manganèse, nickel et lithium, des métaux critiques face à la domination chinoise. D’autres prétendants ont tâté le terrain. Le Gabon a manifesté son intérêt en mai ; le fonds Orion Critical Mineral Consortium (Orion CMC), soutenu par des capitaux américains et émiratis, est apparu en juin. Jusqu’alors, aucune piste n’a abouti.

Le calendrier reste serré. L’opération exige le visa de l’Autorité des machés financiers (AMF) sur le prospectus et une dérogation évitant à l’État de déclencher une offre publique obligatoire. Eramet vise une clôture avant fin décembre.

Au Gabon, l’on surveille de très près les évolutions de ce dossier. Et pour cause, Eramet détient 63,7% de la Compagnie minière de l’Ogooé (Comilog), la filiale gabonaise du manganèse, et assure le transport ferroviaire via la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag). En juillet 2026, les deux parties ont lancé l’étude de trois projets capables de transformer localement 700.000 tonnes de minerai par an d’ici fin 2031. Cette recomposition du capital intervient au moment où ces projets prennent forme.

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