Le gouvernement équato-guinéen a lancé, le 15 juillet 2026, les activités de la Société nationale des mines et des carrières, dans le cadre de sa stratégie de diversification économique. L’annonce a été faite à l’issue de la première réunion du conseil d’administration de cette nouvelle structure, présidée par le Premier ministre. Cette séance a notamment acté la mise en place formelle de l’entité publique chargée d’encadrer l’exploitation des ressources minérales du pays.
Cette création intervient dans un contexte marqué par la forte dépendance de la Guinée équatoriale aux hydrocarbures. Le pétrole représente encore plus de 80 % des recettes budgétaires du pays, mais cette ressource est en recul sous l’effet de la baisse de la production. Selon la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les exportations de brut devraient passer de 3,2 millions de tonnes en 2025 à 2,6 millions en 2026. Les exportations de gaz suivraient également une tendance baissière.
Lors de cette première session, le conseil d’administration a examiné plusieurs questions liées à l’organisation de la nouvelle société, notamment la ratification de l’organe exécutif, l’adoption du règlement intérieur et la présentation d’un plan stratégique pour les trois premières années d’activité. Les administrateurs ont également étudié les modalités de son implantation opérationnelle à Bata et à La Paz.
Les autorités présentent cette étape comme un jalon dans la structuration du secteur minier. « Avec la célébration de cette première session, la Société nationale des mines et des carrières entame officiellement son activité institutionnelle, progressant dans la consolidation d’une structure de gouvernance visant à renforcer la gestion des ressources minérales et à contribuer au processus de diversification économique promu par le gouvernement », ont-elles indiqué.
Le lancement de cette société s’inscrit dans un processus engagé depuis plusieurs années. Depuis l’ouverture du secteur minier aux capitaux privés en 2019, plusieurs entreprises se sont positionnées en Guinée équatoriale. Manhattan Mining Investment Co, Blue Magnolia et Shefagold ont ainsi signé des contrats d’exploration dès 2020. Parallèlement, des filiales du groupe russe Rosgeo ont conduit des campagnes sismiques et cartographiques pour le compte de l’État. De son côté, la Société équato-guinéenne des mines (SEM), coentreprise entre la Guinée équatoriale et le groupe marocain Managem, développe des projets liés à l’or, au fer et à la bauxite.
Les travaux de reconnaissance géologique menés dans le Rio Muni, partie continentale du pays encore peu explorée, ont mis en évidence des indices de présence d’or, de nickel et de titane. Ces ressources figurent parmi les métaux recherchés dans le cadre de la transition énergétique. Le ministre des Mines et des Hydrocarbures, Gabriel Mbaga Obiang Lima, avait déjà qualifié une précédente initiative géologique de « moment historique » pour le pays, qui espère faire de cette région un nouveau pôle de ressources naturelles.
La nouvelle société nationale devra désormais convertir ces données géologiques en permis effectifs et en projets industriels. Pour les autorités, l’objectif est à la fois d’attirer des capitaux étrangers, de mieux structurer un secteur encore peu développé et de favoriser l’émergence d’activités génératrices d’emplois, dans un contexte de recul progressif des revenus pétroliers.
Reste à savoir si cette structure publique parviendra à accélérer un secteur minier resté, jusqu’ici, largement embryonnaire face au poids historique des hydrocarbures.




