L’agence Standard & Poor’s Global Ratings a confirmé, dans un rapport publié le 10 avril 2026, la note souveraine de l’Égypte à B/B, assortie d’une perspective stable. Elle souligne que cette évaluation reflète un équilibre entre les perspectives de croissance du pays, la poursuite des réformes économiques et la persistance de risques extérieurs liés aux tensions régionales.
Parmi les principaux facteurs de soutien mis en avant figurent le niveau des réserves de change, qui s’est établi à 52,8 milliards de dollars en mars 2026, ainsi que les actifs étrangers nets du secteur bancaire, qui ont atteint un record d’environ 30 milliards de dollars. Malgré une dépréciation d’environ 13 % de la livre égyptienne depuis le début de la crise, l’Égypte poursuit la mise en œuvre d’un régime de change plus flexible.
Selon S&P, la perspective stable traduit la continuité du programme de réformes économiques soutenu par le Fonds monétaire international. L’agence prévient toutefois qu’un ralentissement ou un recul de ces réformes, en particulier sur la flexibilité du taux de change, pourrait entraîner une dégradation de la note souveraine et alourdir le coût du financement extérieur.
Le déficit courant devrait, pour sa part, se creuser à 4,8 % du PIB au cours de l’exercice 2025/2026, contre 4,2 % un an plus tôt. Cette évolution s’explique par les pressions qui continuent de peser sur les principales sources de devises du pays, notamment les transferts des expatriés, le tourisme et les recettes du canal de Suez. Ces dernières ont néanmoins progressé de 21 % sur un an, atteignant près de 3 milliards de dollars sur les huit premiers mois de l’exercice, contre 2,5 milliards à la même période de l’année précédente.
L’agence relève également que l’Égypte demeure vulnérable en tant qu’importatrice nette d’énergie depuis 2023, en particulier face aux perturbations de l’approvisionnement en gaz israélien, qui représente près de 60 % de ses importations gazières. À cela s’ajoutent les fluctuations des prix mondiaux du blé et des produits alimentaires, qui constituent toujours un risque important pour l’économie égyptienne.
S&P anticipe par ailleurs une volatilité persistante des flux d’investissements de portefeuille. Environ 10 milliards de dollars ont quitté le marché en l’espace d’un mois après le déclenchement de la crise, contre près de 20 milliards lors de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Dans le même temps, les besoins de financement du pays devraient rester supérieurs à 40 % du PIB. La dette publique, en revanche, amorcerait un recul, passant de 94 % du PIB en 2023 à 89 % en juin 2026, avant de retomber à 83 % à l’horizon 2029.
Enfin, les pays du Conseil de coopération du Golfe devraient continuer à soutenir l’économie égyptienne à travers des investissements et des dépôts estimés à environ 18 milliards de dollars auprès de la Banque centrale d’Égypte, au moins jusqu’à l’achèvement du programme du FMI prévu en décembre 2026.




