Les emplois des systèmes financiers décentralisés (SFD)de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA) relevant de l’article 44 de la loi portant réglementation des SFD (niveau d’activité atteignant un seuil de 2 milliards de FCFA d’encours de dépôts et de crédits) ont enregistré une hausse de 10,3% au terme de l’année 2024 par rapport à 2023, s’établissant à 2813,1 milliards de FCFA (5,063 milliards de dollars), selon les données du secrétariat général de la Commission Bancaire, l’organe communautaire de supervision des banques basée à Abidjan.
Ces emplois sont constitués des crédits (crédits à court, moyen et long termes, opérations de crédit-bail) et des autres emplois (titres de placement, immobilisations financières, autres immobilisations et divers).
Selon la Commission Bancaire, les crédits à la clientèle en représentent 82,7% contre 82,6% en 2023. Quant aux immobilisations financières, elles ont concentré 2,8% des emplois en 2024 contre 3,5% un an plus tôt. La part des autres emplois s’affiche à 14,5% contre 14,0% en 2023.
Les crédits à la clientèle se sont consolidés de 10,5%, en rythme annuel, pour s’établir à 2 327,1 milliards de FCFA à fin 2024 contre 2 106,4 milliards de FCFA en 2023. Les crédits à court terme, chiffrés à 1 058,0 milliards de FCFA (45,5% du total des crédits), ont augmenté de 6,5% sur l’année. Ceux à moyen terme, représentant 33,1% de l’encours global des crédits, s’élèvent à 770,7 milliards de FCFA durant la période sous revue, soit une progression de 7,5%. De leur côté, les crédits à long terme, en croissance de 13,0% en rythme annuel, se sont élevés à 356,8 milliards de FCFA à fin 2024, soit 15,3% de l’ensemble des crédits.
Les titres de placement se sont affichés à 38,0 milliards de FCFA à fin 2024 contre une réalisation de 26,1 milliards de FCFA en 2023, en hausse de 45,4% sur la période.
Les immobilisations financières ont, quant à elles, baissé de 10,9% sur une année, pour ressortir à 78,6 milliards de FCFA en 2024. Les autres immobilisations se sont consolidées à hauteur de 14,8%, en glissement annuel, pour s’élever à 182,8 milliards de FCFA en 2024 contre 159,3 milliards de FCFA un an auparavant. Les divers emplois (créances rattachées, comptes de stocks, débiteurs divers, comptes d’ordre et divers, etc.), ont augmenté de 9,5% en 2024, en se chiffrant à 186,6 milliards de FCFA.
Concernant la qualité du portefeuille, les données de la Commission Bancaire indiquent qu’à fin 2024, « le montant des créances en souffrance brutes des SFD de grande taille a connu une progression annuelle de 81,7%, atteignant 172,1 milliards de FCFA à fin 2024. » Les créances en souffrance nettes, établies à 141,3 milliards de FCFA contre 80,3 milliards de FCFA un an plus tôt, enregistrent une augmentation de 75,9%.
Le niveau de provisionnement des créances en souffrance s’est situé à 8,5% contre 13,2% en 2023. Les taux bruts et net de dégradation du portefeuille se sont établis respectivement à 6,6% et 6,1% durant la période sous revue contre 4,4% et 3,8% en 2023. Par pays, les SFD de grande taille du Togo affichent une plus forte dégradation de leur portefeuille de crédit, suivis de ceux de la Côte d’Ivoire et du Mali. Les taux dans ces pays ressortent respectivement à 8,8%, 7,7% et 6,8%.
Sur la base des données comptables reçues par la Commission Bancaire au titre des exercices 2022 et 2023, le nombre de SFD relevant de l’article 44 (SFD de grande taille) a augmenté de 25 unités, pour s’établir à 286 institutions de microfinance à fin décembre 2024. Ces SFD de grande taille se répartissent en 125 réseaux et institutions unitaires et 161 caisses de base affiliées à un réseau, installé dans sept des huit Etats de l’UMOA. Les réseaux et institutions unitaires englobent les sociétés, les associations, les réseaux et les Institutions Mutualistes ou Coopératives d’Epargne et de Crédit (IMCEC) non affiliées.




