En prospection au Cameroun, le fonds émirati SGC Investment Group LLC annonce une enveloppe de 44.500 milliards de FCFA (79,5 milliards USD) d’investissements à mobiliser sur dix ans pour financer des projets structurants. L’annonce a été faite à Yaoundé le 5 janvier 2026 par le Pr Kelly Mua Kinsley, vice-président Afrique du groupe.
Selon le responsable, également président du conseil d’administration (PCA) de l’African Trade Investment and Development Insurance (ATIDI), « ce modèle de financement proposé repose sur la finance islamique, caractérisée par l’absence de taux d’intérêt et une logique de partage des risques ». « C’est une structure très compétitive et adaptée aux besoins de nos économies, surtout dans un contexte de fortes contraintes budgétaires », a-t-il souligné, précisant que « la mobilisation des fonds se fera progressivement, en cohérence avec la maturité des projets ».
Des projets « bancables » et un recentrage vers le secteur privé
Face aux interrogations sur l’ampleur des montants annoncés, SGC insiste sur « une trajectoire de long terme ». Le groupe affirme travailler depuis plus d’un an avec les autorités camerounaises sur une liste de projets prioritaires, sélectionnés selon des critères stricts de bancabilité, de gestion des risques et de conformité Environnement, Social, Gouvernance (ESG).
Au-delà des projets souverains, le fonds entend désormais élargir ses interventions aux entreprises publiques et privées locales. Cette orientation a motivé l’organisation d’un roadshow à Yaoundé le 7 janvier 2026, destiné à faciliter les échanges avec les grands acteurs du secteur privé. Le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a d’ailleurs plaidé pour « une implication plus forte des banques commerciales, afin d’ouvrir des lignes de crédit dédiées aux entreprises ».
Une palette d’instruments financiers et d’investissements directs
Pour rappel, basé aux Émirats arabes unis, SGC Investment Group se positionne comme un acteur global du financement du commerce et des infrastructures. Le fonds facilite notamment la monétisation d’instruments financiers tels que les Stand-by Letters of Credit (SBLC), Letters of Credit (LC) et Bank Guarantees (BG), permettant de sécuriser des financements pouvant atteindre un milliard USD par opération, via des banques partenaires.
Sur le volet investissement, SGC et ses partenaires de consortium interviennent en fonds propres ou en co-investissement aux côtés de fonds de private equity, family offices et holdings, dans des secteurs variés : pétrole et gaz, mines, infrastructures, banque, intelligence artificielle et immobilier. Le groupe évoque également des investissements directs étrangers, des prêts souverains sans intérêt et des montages en joint-venture avec les États.
Les projets ciblés au Cameroun couvrent notamment le transport, l’énergie, l’eau, la santé, l’éducation, l’agro-industrie, le numérique, l’habitat, ainsi que des initiatives liées aux réseaux électriques intelligents et aux crédits carbone. Reste désormais à traduire ces annonces en engagements financiers concrets, conditionnés à la finalisation des projets et à leur structuration selon les standards internationaux.




