Mardi 3 novembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

CEMAC : l’inflation retombe sous le seuil communautaire au troisième trimestre 2025

De manière globale, à fin septembre 2025, dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le taux d’inflation sous-régional est repassé sous le seuil communautaire de 3%. Passant de 4,3% il y a un an à 2,8% au terme de la période sous revue. En glissement annuel, la tendance est encore plus marquée,…

De manière globale, à fin septembre 2025, dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le taux d’inflation sous-régional est repassé sous le seuil communautaire de 3%. Passant de 4,3% il y a un an à 2,8% au terme de la période sous revue. En glissement annuel, la tendance est encore plus marquée, avec un recul à 1,4% en septembre 2025, après 4,1% à la même période de 2024.

Selon le rapport sur la politique monétaire de la CEMAC rendu public le 22 décembre 2025, « cette désinflation s’explique à la fois par des facteurs externes et internes. Sur le plan international, la normalisation progressive des coûts du fret maritime après la flambée de 2024, la baisse des prix de l’énergie et la détente des cours alimentaires mondiaux ont contribué à apaiser les tensions inflationnistes importées ». Toutefois, souligne les autorités financières de la CEMAC, « l’appréciation du naira nigérian depuis mi-2025 a renchéri certaines importations des pays frontaliers, notamment le Cameroun et le Tchad, atténuant partiellement les effets favorables ».

En interne, la normalisation des tarifs de transport et de meilleures campagnes agricoles au Congo, en Guinée équatoriale, au Tchad et, dans une moindre mesure, au Cameroun, ont renforcé la baisse des prix, particulièrement sur les denrées alimentaires. Néanmoins, soutient le rapport de la CEMAC, « certains facteurs domestiques continuent d’entretenir des pressions ». « Il s’agit de la vigueur de la consommation privée dopée par les revenus du cacao au Cameroun et de l’or en République centrafricaine et au Tchad, ainsi que des difficultés logistiques et sécuritaires limitant l’approvisionnement de certains marchés », peut-on lire dans le document en question.

Comme il y a un an, le Cameroun demeure le principal contributeur à l’inflation régionale, avec plus de 50% du poids de consommation dans la zone. Le mastodonte économique de la sous-région est suivi du Congo, de la Guinée équatoriale et du Gabon, tandis que le Tchad joue un rôle désinflationniste. Par fonction de consommation, les produits alimentaires et boissons non alcoolisées restent au cœur de la dynamique, même si leur contribution a nettement diminué en un an. Les segments logement-énergie et transport ont également ralenti.

Comparée à ses partenaires, la CEMAC affiche des différentiels contrastés. Notamment l’inflation relativement plus élevée face à l’UEMOA, mais plus favorable par rapport au Nigeria, aux États-Unis et à la zone euro. Au cours de la période sous revue, la CEMAC note que l’inflation sous-jacente recule également, bien qu’à un rythme plus lent que l’inflation globale, en raison notamment des ajustements des prix des carburants.

Globalement, la tendance confirme une stabilisation progressive du cadre macroéconomique régional. Cependant, le rapport note que « des fragilités structurelles, logistiques, sécuritaires et liées à la dépendance alimentaire, continuent de peser sur les perspectives ».

Financial Afrik Premium