Le gouvernement ivoirien a adopté, mercredi 1ᵉʳ octobre, un ensemble de mesures majeures visant à moderniser et renforcer le système de retraite des travailleurs du secteur privé. Ces réformes ambitieuses du Régime général des travailleurs salariés (RGTS) traduisent la volonté des autorités d’améliorer la protection sociale des retraités et de leurs familles.
La première avancée porte sur la revalorisation substantielle des pensions minimales. Le montant de la pension minimum est doublé, passant de 30 000 à 60 000 F CFA, au bénéfice de 39 156 retraités dès 2026. Dans le même esprit, la pension proportionnelle minimale est relevée de 30 000 à 37 000 F CFA, améliorant les revenus de 6 027 bénéficiaires supplémentaires.
Autre mesure phare : l’amélioration du taux d’annuité, désormais porté à 2 % pour les quinze premières années de carrière, contre 1,7 % auparavant, tandis qu’il demeure inchangé au-delà. Cette évolution permettra à 7 050 assurés de voir leurs droits significativement revalorisés, notamment ceux ayant effectué de longues carrières.
Le gouvernement introduit également une hausse du taux de remplacement maximum, qui passe de 50 % à 100 %. Une avancée historique : les salariés ayant cotisé toute leur vie professionnelle pourront désormais percevoir une pension équivalente à leur dernier salaire, consacrant ainsi un principe d’équité et de reconnaissance du parcours professionnel.
Enfin, la réforme élargit le droit à la pension d’orphelin. Dorénavant, tout enfant ayant perdu un seul parent — père ou mère — y aura droit, alors qu’il fallait auparavant la perte des deux parents. Les orphelins de moins de 21 ans percevront une pension en même temps que le conjoint survivant. Cette mesure fera passer le nombre de bénéficiaires de moins de 200 actuellement à près de 1 836 en 2026, marquant une avancée sociale notable en faveur des familles.
Dans leur ensemble, ces réformes, dont la mise en œuvre sera progressive, constituent une étape décisive vers un système de retraite plus juste, plus inclusif et mieux adapté aux réalités socio-économiques du pays. Elles devraient améliorer durablement les conditions de vie des retraités et de leurs ayants droit, tout en favorisant la formalisation de l’emploi privé et la confiance dans le système de sécurité sociale ivoirien.




