Onze ans après son premier emprunt domestique en francs rwandais, la Société financière internationale (IFC), branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, signe son retour sur les marchés de capitaux nationaux du Rwanda avec une obligation « Umuganda » de 24 milliards RWF (17 millions USD), destinée à financer un projet d’infrastructure numérique et à renforcer l’écosystème financier local.
Cette deuxième émission onshore en monnaie locale, cotée à la Bourse du Rwanda (RSE), est la première du genre depuis 2014, année où l’IFC avait introduit le concept des obligations « Umuganda », des instruments libellés en francs rwandais émis par des entités non résidentes.
L’obligation amortissable sur huit ans a suscité un vif intérêt, avec une sursouscription de 1,75 fois, témoignant de la forte appétence des investisseurs institutionnels pour des instruments de qualité en monnaie locale. Parmi les souscripteurs figurent des fonds de pension, compagnies d’assurance, banques commerciales et gestionnaires d’actifs.
Le titre offre un coupon de 10,5 %, soit environ 55 points de base en dessous du taux souverain interpolé, ce qui reflète la solidité de la note AAA de l’IFC et l’attrait de l’émission malgré un contexte de taux élevés.
Les fonds levés serviront à financer un projet d’infrastructure numérique stratégique, dans le cadre de la stratégie nationale de transformation digitale du Rwanda. En choisissant une émission en monnaie locale, l’IFC entend réduire les risques de change souvent associés aux emprunts en devises étrangères comme le dollar américain.
Outre ce retour sur le marché domestique, l’IFC a également procédé en 2023 à deux émissions offshore en francs rwandais, listées sur les Bourses de Londres et du Luxembourg. Ces opérations contribuent à l’internationalisation progressive du franc rwandais et à la promotion du pays comme hub financier régional, en phase avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
La structuration de cette opération a été confiée à BK Capital et Rand Merchant Bank, soulignant l’importance croissante des institutions financières africaines dans la gestion de produits sophistiqués sur les marchés de capitaux.




