Ce 1er juillet 2025 à Ryad, capitale de l’Arabie Saoudite, une transition significative a lieu à la tête de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Après plus d’une décennie de leadership, le Mauritanien Dr. Sidi Ould Tah cède sa place au Koweïtien Abdullah ALMUSAIBEEH. La décision avait été actée en avril dernier à l’issue de la réunion annuelle du Conseil des Gouverneurs.
Ce passage de témoin intervient au moment où la BADEA vit une dynamique sans précédent. Depuis sa prise de fonction en 2015, Sidi Ould Tah a orchestré une transformation stratégique profonde de l’institution : triplement du capital, multiplication par trois du volume d’opérations, diversification des guichets de financement avec une ouverture renforcée au secteur privé et une implication accrue dans les projets d’infrastructure et les appuis budgétaires. Sous sa houlette, la BADEA a obtenu pour la première fois une notation AAA (JCR), franchissant ainsi un cap majeur dans sa crédibilité financière internationale, matérialisé par des émissions d’Eurobonds saluées par les marchés.
Son successeur, M. Abdullah ALMUSAIBEEH, diplômé en mathématiques de l’Université du Koweït, est une figure expérimentée du développement international. Entré en 1993 au Kuwait Fund for Arab Economic Development, il y a dirigé plusieurs départements géographiques, couvrant l’Asie, l’Amérique latine, les Caraïbes et la région arabe. Plus récemment, il a occupé la fonction de Directeur des opérations et a siégé dans plusieurs instances internationales, dont le Conseil d’administration de la BADEA et les comités directeurs des fonds Al-Aqsa et Al-Quds. Sa nomination est perçue comme un gage de continuité et de consolidation.
Quant à Sidi Ould Tah, élu en mai dernier président de la Banque africaine de développement (BAD), il prendra ses fonctions à Abidjan le 1er septembre. Ce glissement institutionnel annonce un rapprochement stratégique inédit entre la BADEA et la BAD, dans un contexte où la coopération Sud-Sud prend une dimension géopolitique nouvelle. Un dialogue structurant se profile entre le Groupe arabe de coordination et l’Alliance des institutions financières africaines – convergence des capitales, des instruments et des ambitions.
Ainsi s’ouvre un nouveau chapitre dans l’architecture du financement du développement sur le continent africain, où la complémentarité entre capital arabe et vision africaine pourrait redessiner les équilibres et répondre, de manière plus intégrée, aux défis croissants des économies africaines.




