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Cameroun : Deux ministres pro-Biya se déclarent candidats à la présidentielle d’octobre 2025

Au Cameroun, l’avant campagne pour la présidentielle d’octobre 2025 vient de prendre un virage inattendu avec l’entrée en lice de deux figures historiques du régime de Paul Biya. Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maïgari, tous deux ministres fidèles pendant des décennies, viennent de déclarer leurs candidatures à la magistrature suprême, ébranlant ainsi le socle…

Au Cameroun, l’avant campagne  pour la présidentielle d’octobre 2025 vient de prendre un virage inattendu avec l’entrée en lice de deux figures historiques du régime de Paul Biya. Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maïgari, tous deux ministres fidèles pendant des décennies, viennent de déclarer leurs candidatures à la magistrature suprême, ébranlant ainsi le socle traditionnel du pouvoir en place.

Le 26 juin 2025, à peine un jour après avoir quitté le gouvernement, Issa Tchiroma a annoncé qu’il briguait la présidence de la République. Celui qui fut tour à tour ministre de la Communication puis de l’Emploi, réputé pour sa loyauté indéfectible à Paul Biya, a opéré un virage critique en dénonçant un régime « à bout de souffle » et déconnecté des aspirations de la jeunesse camerounaise. Ce ralliement inattendu à la dynamique de rupture n’est pas isolé. 

Deux jours plus tard, Bello Bouba Maïgari, ministre du Tourisme, président de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), a emboîté le pas. En congrès à Yaoundé, il a officialisé sa candidature en s’érigeant en alternative crédible à la longévité présidentielle.

Ces deux candidatures ont ceci de particulier qu’elles émanent de personnalités qui ont longtemps incarné la stabilité du régime, en particulier dans la région du Nord. Leur volte-face est donc lourde de symboles. En rompant avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti présidentiel, les deux hommes envoient un message clair : les équilibres régionaux et politiques qui soutenaient le pouvoir de Yaoundé ne sont plus intouchables. 

Le séisme est d’autant plus retentissant que Paul Biya, 92 ans, n’a toujours pas annoncé s’il comptait briguer un nouveau mandat. L’opinion publique reste suspendue à cette décision, tandis que les candidatures se multiplient dans un flou institutionnel pesant.

Dans ce climat incertain, les prises de position de Tchiroma et Bouba ne sont pas seulement des actes de dissidence ; elles marquent un tournant dans l’histoire politique du Cameroun. Pour certains analystes, elles relèvent d’un repositionnement stratégique de figures vieillissantes, conscientes que la page Biya se tourne. Pour d’autres, c’est une manœuvre de légitimation individuelle déguisée, tant les deux hommes restent comptables du bilan qu’ils dénoncent aujourd’hui. Dans tous les cas, ces candidatures redessinent le paysage électoral et brisent le verrouillage tacite d’un pouvoir ultra-centralisé. Elles pourraient, à terme, ouvrir une brèche dans le monopole du RDPC sur la scène nationale. À quelques mois du scrutin prévu le 5 octobre, le jeu politique camerounais s’anime, et la succession de Paul Biya s’annonce plus disputée que jamais.

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