La Banque mondiale a abaissé sa prévision de croissance pour l’économie kényane en 2025 à 4,5 %, contre 5 % précédemment, en raison d’un endettement public élevé, de taux d’intérêt domestiques dissuasifs et d’un recul marqué du crédit au secteur privé.
Dans son rapport semestriel sur la situation économique du pays, publié lundi 26 mai, l’institution met en évidence les pressions financières croissantes auxquelles fait face le Kenya, première économie d’Afrique de l’Est, malgré une croissance relativement soutenue ces dernières années.
Selon le rapport, le gouvernement s’appuie de plus en plus sur des emprunts intérieurs coûteux pour financer son budget, dans un contexte de repli des financements extérieurs. Une situation qui réduit la disponibilité de crédits pour le secteur privé et ralentit l’investissement.
La Banque mondiale note également une contraction de -1,4 % du crédit au secteur privé en décembre 2023, contre 13,9 % un an plus tôt. Les secteurs manufacturier, financier et minier sont particulièrement affectés, tandis que les prêts non performants augmentent, notamment dans les petites banques commerciales.
Malgré une inflation contenue et une relative stabilité du taux de change, les taux d’emprunt réels restent élevés, ce qui freine la relance économique.
Dette publique : un fardeau lourd pour l’économie kényane
En juin 2024, la dette publique du Kenya s’élevait à environ 81,7 milliards USD, soit près de 65,5 % du PIB, avec une tendance à la hausse prévue à 71 % en 2025. Cette dette se compose pour moitié environ de dettes extérieures, majoritairement libellées en USD, et pour l’autre moitié de dettes intérieures sous forme d’obligations et bons du Trésor. En 2023, le service de la dette a absorbé près de 55 % des recettes publiques, limitant ainsi la capacité du gouvernement à financer d’autres dépenses prioritaires.
Avec une dette aussi élevée, la BM classe le pays parmi les pays à haut risque de détresse de la dette. Par ailleurs, le gouvernement peine à améliorer ses recettes fiscales et fait face à un niveau important de factures impayées, compliquant la consolidation budgétaire.
Pour les deux prochaines années, l’institution financière internationale table sur une croissance modérée de 5 %, à condition que des risques tels que les aléas climatiques soient évités. Elle appelle par ailleurs à des réformes fiscales ciblées, notamment la suppression d’exonérations dans la fiscalité de la consommation, afin d’accroître les recettes, favoriser une croissance inclusive et maîtriser la dette.
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