D’ici 2030, dans le cadre de son compact énergétique national en attente de validation, l’Etat du Cameroun entend investir 7.200 milliards de FCFA (environ 12 milliards USD) pour que huit millions de ses citoyens bénéficient d’une énergie électrique fiable, propre et à moindre coût. L’annonce a été faite le 23 avril 2025 par le ministre en charge de l’Eau et de l’Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, alors qu’il prenait part aux travaux des assemblées de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Washington, aux Etats-Unis. Le membre du gouvernement camerounais indiquait par la même occasion qu’en plus de ces investissements, le pays entendait exporter l’énergie en Afrique.
Dans le détail, révèle Gaston Eloundou Essomba, « le compact camerounais s’articule autour de la réhabilitation des infrastructures énergétiques à coûts compétitifs, le renforcement de l’intégration régionale via les interconnexions transfrontalières, le développement des énergies renouvelables et des solutions de cuisson propre, la mobilisation de l’investissement privé à travers un cadre réglementaire incitatif, et enfin la viabilité financière du secteur, notamment par la réduction des pertes et le recouvrement effectif des recettes ». Il s’inscrit dans le cadre plus large de l’initiative Mission 300, co-pilotée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD).
Pour rappel, cette initiative a été lancée par ces institutions financières pour, disaient-elles, « connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030 ». Il est question d’« encourager chaque État membre volontaire à formuler un pacte énergétique adapté à ses réalités, mais aligné sur les principes de durabilité, d’inclusion et d’efficacité ». Le principe de Mission 300 voudrait que « ces pactes nationaux, élaborés avec l’appui des gouvernements, identifient les priorités structurelles du secteur, les réformes politiques et réglementaires à engager, ainsi que les objectifs chiffrés à atteindre ».
Douze pays du continent ont adhéré à cette initiative. Il s’agit du Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Libéria, Madagascar, le Malawi, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, la République Démocratique du Congo, le Sénégal, la Tanzanie, le Tchad et la Zambie.




